Vous échangez avec un⋅e photographe qui n’utilise pas (encore) darktable mais qui s’y intéresse (bon point !). Iel a ses habitudes avec tel ou tel autre logiciel, n’a pas d’atomes crochus avec l’informatique, voire le vocabulaire spécifique de la photo numérique, et voit un peu plus loin que la simple gratuité de darktable comme argument d’adoption.
Bien sûr, la qualité d’Open Source est vite abordée, mais ce n’est pas ce qui distingue le plus darktable de ses concurrents (Libre et/ou Open Source ou propriétaires).
Mais peut-être la chaine de traitement relatif à la scène comparé à relatif à l’affichage.
C’est assez bien synthétisé dans cette page de darktable.info, mais si je trouve que c’est explicite c’est sans doute parce que j’utilise (que) darktable depuis plus de 10 ans et que je m’y investis régulièrement (traduction et autres).
Alors si vous deviez expliquer en très peu de termes pourquoi la chaine de traitement relatif à la scène est sans doute un des points les plus forts de darktable par rapport aux autres logiciels, vous diriez quoi en quelques mots… à une personne qui n’a pas vraiment de connaissances techniques mais chez qui ça pourrait donner envie d’essayer, sinon d’adopter darktable ?
Si j’essaye de comprendre et traduire ce qui est expliqué dans le manuel, je dirais : Parce qu’il raisonne en lumière réelle, pas en couleurs d’écran. Les autres logiciels transforment tout de suite la photo pour l’afficher joliment, ce qui écrase les détails dans les zones claires et sombres. darktable façonne la lumière réelle avec une précision presque chirurgicale avant de l’adapter à vos yeux.
Résultat : vous récupérez bien plus de détails dans les nuages, les ombres, les hautes lumières, sans rien casser. Et tout reste cohérent, comme l’œil humain voit les choses.
Il me semble que c’est encore plus vrai pour relatif à la scène avec le nouveau module AGX.
Le « relatif à la scène » est sans doute la seule vraie raison pour laquelle je conseillerai à un.e photographe tel.le que décrit.e d’utiliser Darktable pour, bien sûr, développer des RAW (c’est en tout cas pour ça que je l’ai choisi… l’open source, gratuit ou pas, ne gâtant évidemment rien !)
Perso, et sans être expert loin s’en faut, je donnerai trois arguments (avantages) principaux :
1 : la transformation des données est à la fois non-bornée et continue => pas de pertes de la plage dynamique initiale au cours du pipeline (juste des transformations), tant en luma qu’en chroma => toutes les nuances initiales sont ainsi conservées (alors quen affichage : les données sont bornées (N0-B255) et discrètes (discontinues), puisque déjà mappées).
2 : quel que soit le « support » final, le traitement en lui-même est indépendant de celui-ci.
3 : en termes de mappage de tons (Agx…), il y a aussi un grand avantage puisque celui-ci est avant tout basé sur le réglage arbitraire par l’utilisateur du gris moyen qu’il choisi (et non sur les extrêmes Noir et Blanc pur dont il découle en « display-referred »).
Lorsqu’ils opèrent en flux de travail relatif à la scène, sur le fichier brut RAW d’un cliché, les modules outils de darktable traitent, de façon linéaire et conservatoire, aussi longtemps que possible, dans un espace colorimétrique étendu, le large ensemble de données lumineuses et colorimétriques de la scène saisie par les pixels du capteur de l’appareil photographique.
Lorsqu’ils opèrent en flux de travail relatif à l’affichage, certains outils de ce logiciel – et ceux des autres ! - traitent des données d’emblée mappées, comprimées et converties pour s’afficher à l’écran ou à l’imprimante, dans leur espace colorimètrique réduit, entre le noir et le blanc.
L’intérët du flux de travail relatif à la scène maintenant mis en œuvre par l’essentiel des modules de darktable, c’est de pouvoir conserver le maximum de données au fil du traitement et de n’opérer leur conversion relative à l’affichage, pour l’écran ou l’impression, qu’en fin de flux de travail, lors du mappage de la plage d’exposition du cliché. Ce mappage est, de surcroît, maintenant plus élaboré, affiné au moyen du module AgX.
N’hésitez pas à améliorer ce commentaire ou à mieux faire !
La phrase ci-après, extraite du manuel traduit (FR), me paraît aussi plutôt synthétique :
« Le traitement relatif à la scène tente de conserver les propriétés physiques de la scène aussi longtemps que possible en plaçant les données RAW sur une échelle linéaire non bornée et en ne compressant les données dans la plage dynamique de votre affichage qu’une fois le traitement de l’image terminé. »
On n’a pas la même interprétation de « quelques mots », je vois.
Et si effectivement la phrase extraite de la doc officielle est également synthétique, je pense que j’en perds à : en plaçant les données RAW sur une échelle linéaire non bornée et à : en ne compressant les données dans la plage dynamique de votre affichage […].
C’est ce que j’essayais d’expliquer sans doute maladroitement dans mon premier message en décrivant un⋅e interlocuteur⋅ice qui n’a pas d’atomes crochus avec l’informatique, voire le vocabulaire spécifique de la photo numérique.
En l’occurrence, les termes échelle linéaire non bornée et plage dynamique nécessiteront pour beaucoup des explications plus avancées et laisseront un « goût » de compliqué au propos.
en lumière réelle, pas en couleurs d’écran. Les autres logiciels transforment tout de suite la photo pour l’afficher joliment, ce qui écrase les détails dans les zones claires et sombres. darktable façonne la lumière réelle avec (une) précision (presque chirurgicale) avant de l’adapter à vos yeux.
Résultat : vous récupérez bien plus de détails dans les nuages, les ombres, les hautes lumières, sans rien casser. Et tout reste cohérent, comme l’œil humain voit les choses.