Ca faisait un bail déjà que j’avais entendu parler de Darktable mais je n’avais pas pris le temps de regarder jusqu’ici.
C’est chose faite ce week-end car je suis en parallèle d’autres logiciels (ON1 Photo RAW, Alien Skin Exposure, Luminar et Picktorial), à la rechercher de celui qui me permettra peut-être un jour de laisser tomber Lr définitivement (un article comparatif est d’ailleurs en prévision). Autre raison de mon intérêt envers dt, c’est le fait que je shoote en Fuji depuis 2014 et que j’ai pas mal lu (mais exceptionnellement constaté sur mes propres photos) de débats controversés sur la qualité du dématricage des RAF (RAW Fuji) sour Lr. Depuis, Adobe a fait le job avec Fuji pour permettre d’obtenir le niveau de qualité nécessaire mais je pense qu’il est possible de faire mieux. Capture One ou Irridient sont souvent cités comme référence en la matière mais j’ai détesté la philosophie et l’interface Capture One lorsque j’ai tenté le coup il y a deux ans. Dt étant également régulièremnt cité, j’ai voulu en savoir plus.
En attendant, travaillant sur Lr depuis son tout début, pour mon activité pro j’ai un workflow bien rodé (dans le sens efficace et qui me permet de livrer mes clients dans les temps avec le niveau de qualité attendu); par contre pour mon travail perso j’ai envie de davantage et notamment de me permettre d’aller aussi loin que possible sur le post-traitement d’une photo si j’en ai envie ou le besoin, et je dois dire que, de ce que j’ai pu en voir, le potentiel de dt dans ce domaine est impressionnant (notamment la partie relative à la correction du bruit que je trouve très aboutie).
Par contre, il m’a semblé évident que dt se mérite, dans le sens où la prise en main nécessite un réel investissement (on a rien sans rien). Mais ça vaut le coup, me semble-t-il, de prendre le temps de regarder sérieusement, d’où ma présence sur ce forum.
Bienvenue, mais avec une maîtrise de darktable, tu devrais à terme passer ton workflow pro aussi sur darktable.
Personnellement je travaille de très grandes quantités d’images de manière pro et darktable grâce au masques paramétriques aux réglages conditionnels et quelques autres astuces, permet d’automatiser des choses complexes qui me font gagner énormément de temps.
Bienvenue sur le forum Pascal B
Bonne découverte de dt, c’est vrai c’est un logiciel qui se mérite, comme en montagne quand tu arrives au sommet et que tu découvres le paysage
darktable n’est pas si compliqué une fois que tu as compris que 75 % des modules ne servent à rien parce qu’ils ne marchent pas ou pas comme il faudrait…
Petite liste à éviter : mappage des tonalités, mappage des couleurs, lumière d’arrière-plan, ombres et hautes lumières, contraste/luminosité/saturation, correction des couleurs, lumière d’appoint, zones, courbes de tonalités, courbe de base, reconstruction des hautes lumières, niveaux, … Ça devrait simplifier pas mal
Je suis surpris de tes problèmes avec Capture One, en général c’est celui qui traite le mieux la couleur.
Joue avec et regarde ce qui casse… Le point commun de tous ces modules est que dès que tu les pousses trop fort (dès que tu t’en sers vraiment quoi), ils détruisent ta photo, et ça n’est pas normal. Filmique ou pas.
[list]
[]Le niveau de gris du module niveau change la saturation
[]Le niveau de noir du module ombres/hautes lumières fait virer les teintes dans les ombres
[]Les halos produits par les flous (dans ombres et hautes lumières et netteté) sont en grande partie dûs au fait que les flous sont calculés dans l’espace Lab (un flou dans un espace non-linéaire, ça ne dégrade pas comme ça devrait)
[]La courbe des tonalités et la courbe de base font virer les teintes
[]Le niveau de contraste du module contraste/luminosité/saturation change la saturation de l’image
[]La reconstruction des hautes lumières donne une couleur au blanc, qui n’est donc plus blanc, et finit donc hors-gamut (proche de 100 % de luminance, tout ce qui a une saturation non-nulle est hors gamut par définition - si c’est blanc en luminance, c’est blanc aussi en chrominance)
[]Lumière d’appoint et lumière d’arrière-plan sont inutilisables (essaie, c’est moche et pratiquement incontrôlable)
[]Zones applique le zone-system d’Ansel Adams sur des données Lab. Ça n’est pas ce que faisait Adams.
[]Le mappage global des tonalités utilise des algos prévus pour le RGB mais les applique dans Lab.
[]…
[/list]
C’est du boulot de gens qui ne savent pas ce qu’est la couleur.
Bon je suis d’accord que filmique aide à utiliser moins de modules et que pour certaines pratiques cette liste de modules est inutile.
Par contre pour ma pratique je ne suis pas d’accord sur cette liste de modules obsolètes.
Par exemple j’utilise beaucoup « courbe de tonalités » avec des masques pour éclaircir ou assombrir localement de manière totalement arbitraire (cela remplace l’outil d’éclaircissement et d’assombrissement de GIMP), idem le mode ombre et haute lumière comme il travaille aussi avec une sorte de masquage donne un résultat plus contrasté voir plus artificiel mais qui me convient pour certains travaux, idem pour le module niveaux que j’utilise beaucoup en combinaison avec un masque paramétrique pour changer localement le contraste, pour l’outil zone de couleur, je l’utilise aussi pour contrebalancer rapidement localement une différence de balance de couleur (par exemple entre un intérieur chaud et un extérieur froid).
Je n’ai pas parlé de module obsolètes, juste de trucs qui ne marchent pas.
Ombres et hautes lumières, je suis en train de bosser sur un remplaçant qui travaille dans l’espace RGB camera et évite à la fois les halos et les virages de teintes, parasites classiques et pénibles de ce module.
Le module niveaux n’est pas censé changer la couleur. Edgardo a ajouté un mode RGB qui présente (finalement) les propriétés attendues de ce module.
Philippe Weyland a ajouté un mode RGB découplé à la courbe des tonalités, et des options de conservation de la chrominance (similaire à filmique).
Zone de couleurs n’est pas dans ma liste (je parle de zones tout court, dans les modules de tonalités).
Que ça te rende service n’empêche pas que ça soit cassé… Un truc qui règle la luminosité n’est pas censé affecter la couleur. Le cas échéant, c’est que le modèle de couleur utilisé par le module n’est pas bon. Or presque tout ce qui touche au contraste/à la luminosité dans dt affecte aussi les couleurs. La conséquence est que tu perds un temps fou à corriger les effets secondaires de certains modules avec d’autres modules.
Dernièrement, j’ai mis la main sur DaVinci Resolve (qui tourne sous Fedora/Red Hat en natif et gratuit). Il a 5 fois moins d’options que dt pour régler couleur et contraste, et pourtant j’arrive à un meilleur résultat plus vite… C’est un indice. Il y a un souci de fiabilité colorimétrique dans dt. On est en train de le régler petit à petit, mais en attendant, mieux vaut se concentrer sur les quelques modules sécuritaires, et ne pas trop perdre de temps avec les autres (qui, du coup, ne servent qu’à effrayer le novice).
bonjour Aurelien, merci pour tes explications didactiques et tu m’as convaincu. Je débute dans DT et suis moi aussi un peu perdu avec tous ces modules qui se recouvrent. En résumé, quels seraient les modules à utiliser et dans quel ordre pour faire de la retouche photo selon tes recommandations (les modules étant appliqués dans l’ordre de l’historique, il vaut mieux les utiliser dans le bon ordre pour ne pas tourner en rond en annulant des réglages fait précédemment). J’ai compris que filmique en est la clef de voûte mais il doit y en avoir avant et après! Dans la documentation , il est conseillé d’utiliser filmique après avoir corrigé les gros défaut avec exposition, balance des blancs, et réduction de bruits.