Flux de travail scan négatif noir et blanc

Bonjour,

Je cherche actuellement la meilleure manière de traiter des négatifs argentiques, dans le but de me faire un groupe de modules adaptés et dans le bon ordre.
Pour le moment je suis un peu perdu. Je suis sur le préréglage flux de travail relatif à la scène, auquel j’ajoute docteur néga et je désactive filmique, mais je pense que ce n’est pas très adapté.

Faut-il privilégier le flux de travail relatif à la scène ? à l’affichage ? Quels modules sont indispensables ? Comment faites vous ?

Merci par avance pour votre aide :slight_smile:

J’ai fait un petit tuto en .pdf sur le traitement d’un négatif couleur : https://drive.google.com/file/d/1ODyllZ-eqiV9sfVzTOoHdU4Z3xoCCO4H/view?usp=sharing
Généralement j’utilise le flux relatif à la scène et j’utilise juste tout avec les curseurs de « docteur néga ». Tu trouveras aussi le fichier traité en lien dans le document.
[hr]
Je peux te faire un petit tuto en .pdf avec un négatif N/B. Le mieux sera que tu mettes sur un site de téléchargement un négatif qui te pose problème.

Déjà il faut soigner la prise de vue pour s’éviter de traiter à posteriori ce qui peut être fait dès celle-ci.
Bien sûr la chasse aux poussières.
Planéité du film, plan capteur le plus parallèle au film et mise au point aux petits oignons (perso manuelle en focus peaking)
Une exposition à droite et selon sujet au besoin (photos sombres) je corrige pour obtenir un rapport signal/bruit favorable pour m’éviter par la suite l’utilisation du module de réduction de bruit.

Je suis sur un flux de travail relatif à la scène, mais filmique est désactivé dans un premier temps.
En dehors des modules actifs par défaut il n’y a que correction des objectifs qui est ajouté par un préréglage.
Pour les images en mode portrait je fais avec orientation une rotation 90°
J’active ensuite un préréglage exposition que j’ai appelé « négatif » de -1 IL (boîtier Fuji pour moi)
Je passe au module docteur néga et j’active les trois pipettes :
Couleur film avec une partie de film non exposé, je fais en sorte d’en laisser une bande, ou je fais un préréglage pour un type film avec une amorce.
Plage dynamique du film et paramètre d’expo du scan donnent généralement un résultat déjà très bon… qu’on peut peaufiner à l’œil.
Dans l’onglet correction je corrige généralement à la sélection de pipette la dérive couleur des ombres et la balance des HL
Par contre je ne tente même pas de toucher au module calibration couleur, sinon ça part complètement en vrac.
Puis je passe à filmique pour finaliser cette inversion.

Le reste est du domaine d’un traitement habituel, dans les indispensables derrière un négatif il y a le recadrage, rotation, retouche, et les classiques d’un flux de travail relatif à la scène.

Pour l’ordre du workflow c’est celui de dt, je ne vois pas d’intérêt à déplacer un ou des modules.
re-édit : si, selon le manuel égaliseur de ton devrait-être mis au-dessus de docteur néga, logique.

Bonjour, et merci pour vos réponses :slight_smile:

En soi je n’ai particulièrement de problème avec mes images, et les résultats que j’obtiens me satisfont, mais j’aimerai plutôt optimiser le workflow. Je me pose surtout la question du flux de travail relatif à la scène ou à l’affichage.
D’après le menu flottant, docteur néga est un module entièrement relatif à l’affichage. Dans le manuel il est dit de désactiver filmique. Du coup travailler en mode relatif à la scène a-t-il un sens ? Et utiliser l’égaliseur de ton sans filmique ? J’ai peut-être raté quelque chose, et certainement mal compris cette histoire de flux de travail :huh: :smiley:

Pour l’instant je ne fais que passer en vrai noir et blanc avec calibration de couleur, docteur néga pour presque tout le travail, et égaliseur de ton pour gérer plus précisément les contrastes si besoin.

Je n’ai jamais désactivé filmique RVB dans mon traitement des négatifs argentiques. J’aime bien quand même avoir quelques réglages fins.

Oui le manuel dit de désactiver filmique… mais aussi courbe de base (relatif à l’affichage) et donc on peut ajouter maintenant sigmoid.
Quelque part cela a du sens pendant le traitement de docteur néga, ajouter une couche d’une courbe constructeur quelconque ou un mappage de tons, même placé au dessus de la pile du workflow ne permettra pas de présenter à l’écran la sortie de docteur néga.

Hors à ce stade l’idée est de retrouver le plus fidèlement possible les couleurs initiales (peut-être plus facile avec du n&b)

Mais une fois ce travail d’inversion terminé, rien ne s’oppose à utiliser ensuite filmique (qui intervient après docteur néga dans le workflow) si l’on souhaite améliorer le résultat, ou tout autre module intervenant après docteur néga, à l’exception de ceux comme rotation, retouche, recadrer qui ne jouent pas sur les couleurs.

Je me rends compte que dans ma première réponse j’avais omis l’égaliseur de tons qui lui est devant docteur néga, qu’il faut éviter ou placer après docteur néga.

Fait l’essai de désactiver tout ce qui n’est pas utile, avant (bien sûr) ou après docteur néga (pour le rendu écran d’y celui dans un premier temps).
Corrige l’exposition d’une valeur inverse au preset de base ( +0.7 il me semble pour autres que Fuji )
Et tu verras qu’en moyenne les pipettes de docteur néga donnent d’emblée quelque chose de très crédible.
Et ensuite tu peaufines avec filmique, courbe de base voire sigmoid… là chacun est libre d’utiliser ce qu’il veut.

Bonjour,
Perso pour les négatifs (prises avec mon APN en macro), je ne m’interdis aucun module, si doc néga fait l’inversion et la dynamique générale des partielles RVB, j’utilise aussi filmique RVB, voir l’égaliseur de tons pour peaufiner.(évidemment les modules avant doc néga marche « à l’envers »), ce qui importe pour moi c’est le rendu visuel.
Je n’ai jamais utilisé de scanner externe à part en Jpeg ce qui donne une dynamique différente. Je ne sais pas ce que tu utilises comme scan?
Cordialement.

Effectivement tu as raison, j’aurais pu le préciser, c’est la raison pour laquelle j’inverse les valeurs pour mon preset exposition.

Par contre là où j’ai du mal c’est sur la balance des blancs.
Au moment de la prise de vue, moi aussi avec mon APN, caillou macro et table lumineuse kaizer, j’ai remarqué que le conseil donné dans le manuel qui consiste en une balance des blancs configurée sur l’APN correspondant à la source lumineuse utilisée pour éclairer donne le meilleur résultat, elle est plus constante qu’une balance auto.

Sauf qu’en post traitement avec dt si je souhaite corriger je n’y arrive pas facilement (avec ou sans calibration des couleurs).
Nos films étaient équilibrés pour une température lumière laissant peu de latitude, il fallait faire avec selon l’illuminant.
Je suis tenté de vouloir corriger ce qui n’était pas possible à l’époque et là c’est loin d’être intuitif.

Merci @JacoTux, je ferais des essais, mais généralement, je n’utilise pas les pipettes et fais visuellement mes corrections avec les curseurs.

Je viens de percuter que le « relatif à la scène » active automatiquement l’exposition (je suis en « aucun » , je fais manuellement expo, filmique etc…), est-ce bien utile dans le cas d’un négatif dans la mesure où on règle la plage dynamique dans doc néga?
@Jacotux
Pour les nega couleur je n’ai pas essayé depuis l’arrivée du module calibration et le mode « moderne », je vais regarder pour la culture, j’ utilisais la balance de blanc de doc néga, puis balance couleur, pas toujours simple.
Cordialement.

M’oui, m’enfin D min du premier onglet film avec ses trois composantes pour la couleur est particulièrement délicat à manier qu’aux curseur, la pipette est bien utile et généralement je n’y touche plus.
D max je le fais à la pipette en sélectionnant la partie significative de la photo, je corrige rarement à la main.
Le biais d’expo du scan je le fais la plupart du temps manuellement, la pipette ne me donnant que très rarement un résultat équilibré et souvent trop fort.

Si le scan concerne une photo prise « lumière du jour » et pas trop fortement contrastée je n’ai pas d’intervention particulière à faire dans l’onglet suivant.
Là il semble que ce soit clairement l’illuminant initial (ou mélange de sources de lumière encore pire) qui nécessite une intervention.

Pour ma part sur un négatif couleur, j’ai souvent des difficultés avec la balance Dmin (surtout que je ne laisse pas de bande film pour gagner du pixel) pipette dans une zone sombre puis ajustement manuel. Par contre les pipettes Dmax et bias ne marche pas chez moi donc en manuel. la balance haute lumière pipette du deuxième onglet marche plutôt bien.
@jacotux
Je partage ton workflow à l’exposition près, sinon avec la kaiser j’ai juste une balance de blanc forcée à 5000°K avant nega doc.
Cordialement.

Merci pour vos réponses :slight_smile:
Du coup chacun fait un peu à sa sauce si je comprend bien. Tant que le résultat correspond à ce qu’on cherche c’est le principal :slight_smile:

En ce qui me concerne, j’ai pu faire quelques tests avec Negadoctor et j’en ai conclu un workflow simple.

Pour le noir et blanc et la couleur, on n’a besoin que de (dans l’ordre) Balance des blancs, Dematricage, Exposition, Profile de couleur d’entrée, Negadoctor.

Après on peut ajouter Orientation, Recadrer et Rotation pour la forme et Exposition, Egaliseur de tons, Balance des couleurs … pour rectifier des choses.

Workflow couleur :
Je commence par neutraliser la base du film avec Dmin.
Je ne touche pas à Dmax. C’est sensé correspondre au « point blanc » mais j’ai des résultats beaucoup moins satisfaisants s’il est réglé automatiquement à chaque images.
Le Bias d’exposition et la Dérive de couleur des ombres, je les règle souvent à la main tout en essayant de neutraliser les zones sombres. (Je ne comprends pas à quoi servent ces deux paramètres. S’il on a besoin de corriger la couleur des ombres, ça serait plutôt avec Dmin qu’il faut le faire ! :-/ )
Dans l’onglet Correction, je règle la couleur du blanc sur 1.18, 1.06, 1 comme base pour de la Portra 400 chez moi, puis je change si besoin.

Workflow N&B :
Je commence par neutraliser la base du film avec Dmin et le plus lumineux avec Dmax.
Je clique la pipette pour le bias d’expo.

Puis pour les deux workflows :
Dans l’onglet Impression, je commence par mettre le grade sur 2.15, qui revient à rendre nul l’effet du grade.
Je règle le Noir de visu, pour que les noirs soient … noirs. Souvent la pipette ça marche bien. Puis je règle l’exposition pour que les tons clairs soient au max. Je regarde l’histogramme en forme d’onde pour m’aider.
Ensuite, je peux changer le grade à volonté. Le noir et le blanc dans l’image ne changent pas, c’est pour ça qu’il faut les régler avant le grade. Le réglage du grade peut servir à éclaircir ou assombrir une image sur/sous exposée.
C’est fini. Après j’utilise le module Balance couleur pour finir.

Quelques remarques:

  • Filmique RVB sert à créer une courbe en forme de S qui ressemble à celle des pellicule photo. On n’est pas sensé en avoir besoin quand on utilise Negadoctor pour inverser ses scan de film puisque c’est déjà de la pellicule.

  • C’est important de garder les amorces de chaque pellicules. Avec un scan de ces derniers, on peut régler correctement Dmin (surtout) et Dmax.

  • La base du négatif, qu’il soit N&B ou couleur, est la partie la plus lumineuse que l’on cherche à obtenir. Il est donc évident qu’il faut « exposer à droite » pour la base du film. Rappelez-vous que les hautes lumières saturées sur un boîtier numérique s’affichent sur le canal vert du jpg, or la base du film a une dominante sur le canal rouge ! Donc faites attention et faites plusieurs essais en ouvrant l’image dans darktable pour vérifier si l’image n’est pas cramée dans le rouge.

  • Quand la notice parle de faire la balance des blancs depuis le boîtier pour neutraliser la source de lumière, c’est pas tout à fait vrai. Il faut en effet ne pas mettre la balance des blancs sur « Auto ». Ce qu’il faudrait dans un monde idéal c’est d’avoir la base du film totalement neutre sur le RAW, c’est à dire que l’ont devrait avoir des valeur à la pipette de R, G et B égal, en ayant la Balance des blanc réglée sur RGB= 1, 1, 1.
    Cela reviendrait à faire la balance des blancs sur la base du film mais en touchant la lumière. C’est pour ça qu’il est recommandé d’utiliser une lampe/ruban RVB où l’ont peut contrôler la quantité de lumière rouge, verte et bleue.
    Cette astuce permet d’avoir les trois canaux au même niveau d’exposition et donc même niveau de bruit. Si l’on doit neutraliser la base du film via Dmin ou Balance des blancs avec une valeur forte, c’est comme changer l’exposition de chaque canaux et le résultat peut être moins bien et faire apparaître du bruit.

Sur cette image d’un négatif éclairé par une lampe autour de 3500K, tous les modules (dont Balance des blancs) ont été désactivés.
On peut voir très clairement que le canal bleu est sous exposé par rapport aux autres canaux qui eux sont étendu sur des valeurs plus lumineuses et n’atteignent même pas le fatal plancher du bruit !
L’inconvénient est que ce canal bleu est tassé vers le niveau de bruit du capteur. La conséquence quand on neutralise la base du film, ce bleu va être étiré pour s’étendre et le bruit va être amplifié à des niveaux où l’on n’est pas sensé en voir, ce qui provoquera des problèmes de couleurs avec des parties trop jaunes et d’autres trop bleues …

  • Certains préconisent une source de lumière à haut CRI mais je pense qu’on n’a pas besoin d’une image fidèle chromatiquement de la pellicule.
    La première chose que Negadoctor fait c’est de passer chaque pixel par la formule -log10(Dmin/T) , qui est à la base la formule pour passer d’une valeur de transmission optique à une valeur de densité optique. Donc ce qu’on cherche à donner à Negadoctor en entré c’est la valeur de transmission linéaire du film par la lumière et dans l’idéal par couleur primaire. C’est à dire qu’une zone qui transmet deux fois plus de lumière qu’une autre devrait avoir une valeur de luminance du pixel doublée également en numérique.
    Donc pensez plus à une image correcte du point de vue transmission de la lumière plutôt que juste chromatiquement.

  • Neutraliser la source de lumière n’a aucun intérêt si l’on neutralise la base du film ensuite.

  • Il est important que Negadoctor soit placé après le module Profile de couleur d’entrée, car les données du capteurs ont besoin de transiter par là pour corriger ses problèmes. La matrice de couleur standard devrait toujours être sélectionné pour les images raw.

  • Si la photo a été prise dans les conditions lumineuses recommandées sur la pellicule (Daylight, Tungsten …), La photo ne devrait pas nécessiter de rectification de la couleur quand on neutralise la base du film.

  • Une fois les transformations dans Negadoctor terminé, Il est parfaitement possible d’utiliser le module Egaliseur de tons placé en dessous de Profile de couleur d’entrée.

Je vais prochainement faire des essais avec un éclairage à base de ruban LED RGB centrées sur des fréquences spécifiques donc plus d’info à venir à ce sujet :stuck_out_tongue:

Merci @Jiyone pour ton workflow.

Merci pour ce partage de ton workflow.
Besoin de très peu de chose en entrée, j’en suis tout à fait d’accord.
J’ajoute quand même une correction objectif pour le vignetage et la distorsion.
Après traitement si le grain du film est trop présent je le casse avec le module « Réduction du bruit photo astro », taille 1, force 50%, luma de 50% à 75%, chroma semble avoir moins d’importance.

L’éclairage source est fatalement important, j’utilise une table Kaiser slimlite plano 2454 supposée fournir une lumière 5000 K (je n’ai pas contrôlé), mais je ne retrouve pas ce phénomène décrit d’un canal bleu tassé autant vers le bas, même si il est souvent le plus faible !

Intéressant l’utilisateur de la réduction du bruit astro. Je viens d’essayer sur mes négatifs reprographiés (Hp4), ça ne supprime par le grain, mais ça le rend plus fin et très agréable.

Bonjour,

Tous simplement merci aux participants de ce fil que je le trouve très instructif.
Vu que ma retraite approche, j’aurai quelques films à scanner :-).
J’envisage d’utiliser un ancien « reprodia » monté sur un soufflet macro et photographier en direction d’une boite à lumière, qu’en pensez-vous ?

Salutations de Bruxelles,
Christian

Si tu penses à ce genre : https://www.amazon.fr/Duplicateur-de-diapositives-et-négatifs/dp/B00FXY1OZS/ref=asc_df_B00FXY1OZS/?tag=googshopfr-21&linkCode=df0&hvadid=194959790053&hvpos=&hvnetw=g&hvrand=4474760713031652294&hvpone=&hvptwo=&hvqmt=&hvdev=c&hvdvcmdl=&hvlocint=&hvlocphy=9110191&hvtargid=pla-83825400806&psc=1
Généralement, il contient une loupe pour l’utiliser sur une optique et n’a pas besoin d’un soufflet pour avoir la mise au point. J’en ai un et la loupe n’est pas de très bonne qualité optique. Tu peux utiliser les plans de Jean-Pierre Verrue pour un boîte à lumière : https://drive.google.com/file/d/1tPDCXJF2AEWClBYdZWOkpl5GdxRZEPku/view Il faut télécharger le fichier pour voir les photos.
Tu peux voir aussi ce fil : https://forums.darktable.fr/showthread.php?tid=4539&highlight=boîte+à+lumière
Tu peux voir comment je reprographie mes anciennes photos argentiques.