En Raw, quand l’image est importée dans darktable, on travaille dans quel mode : LAB, AdobeRVB, sRVB ?
Admettons qu’on soit en LAB
si je passe mon profil d’entrée en sRVB, l’image s’assombrie fortement. (Chambre noire/Module de Couleurs/Profil de couleurs d’entrée)
si je reste en matrice standard dans mon profil d’entrée pouquoi l’image ne s’assombrie pas fortement quand, en fin de traitement, je l’exporte en sRVB ?
Pourquoi est-ce la luminosité qui se réduit au lieu des couleurs qui varient en fonction de leur saturation quand on passe de matrice standard (quel profil ?) à sRVB ou AdobeRVB ?
Les modules en rapport avec des profils de couleur de dt font des conversions pour passer d’un espace à l’autre. En entrée, on va passer de l’espace de couleurs du boîtier à Lab. En sortie, on va passer de Lab à l’espace de sortie. Le « travail » interne est fait en Lab pour la majorité des modules.
Ça a du sens de changer profil de couleur de sortie en fonction de l’utilisation (par exemple sRGB pour du web, AdobeRGB pour l’impression) et changer le profil de sortie ne doit pas modifier l’image tant que tu visualises l’image avec un viewer adapté (sauf bien sûr les couleurs hors-gamut, c’est à dire non-représentables dans l’un des espaces). Par exemple, exporter en AdobeRGB ne changera les couleurs que si tu visualises avec un viewer qui ne sait pas rendre correctement ce profil.
Changer le profil d’entrée change vraiment l’image. Choisir sRGB, ça revient à dire à darktable : « t’inquiètes, c’est une image RAW sortie de mon boîtier, mais fais comme si c’était du jpeg ». Ça a peu de chance de donner un résultat pertinent.
Un jpg est en 8 bits, pas le raw … Je n’utilise que le sRVB puisque j’ai un worflow d’amateur qui traite ses images raw pour les exporter en jpg et en faire des livres photos chez Matisseo qui, lui-même, n’accepte que du sRVB. (https://www.matisseo.com/support/003-Profil-couleur).
Je me disais, pourquoi ne pas faire comme photoshop qui impose de donner un profil d’entrée pour réaliser le développement correct des couleurs dans le gamut choisi ?
Sinon pourquoi avoir fait un module de profil d’entrée ?
Ça ne change rien : darktable travaille avec des flottants 32 bits pour toutes les images. Il converti les entiers (8 bits ou autre) en flottant entre 0.0 et 1.0 avant l’application du profil d’entrée (module raw black/white point).
Encore une fois, il faut que tu définisse ce que tu veux dire par « utiliser ». Ce n’est pas parce que tu veux produire des images sRGB que tu dois cocher sRGB partout.
Ça, c’est une bonne raison pour choisir sRGB comme profil de sortie, mais pas du tout pour changer le profil d’entrée.
Il y a forcément une étape algorithmique pour passer du RGB-boîtier (données brutes) à l’espace utilisé par les modules (Lab). Il aurait pu être caché, mais c’est important de l’exposer à l’utilisateur pour lui laisser le choix :
Matrice de couleurs de base du boîtier, obtenu en utilisant le convertisseur DNG d’Adobe
Matrice dite « améliorée » (mais qui dans mon expérience donne des résultats moins bons avec des couleurs sur-saturées) réalisée par un utilisateur ou un développeur de darktable
Profil perso, qu’on peut avoir fait soi-même en prenant en photo une mire
Par ailleurs, la philosophie de darktable est de laisser un maximum de contrôle à l’utilisateur, donc l’outil n’empêche pas l’utilisateur de choisir un profil de couleur farfelu. Ça sert rarement à quoi que ce soit, mais c’est une option « au cas où » (par exemple certains utilisateurs de Nikon préfèrent le profil d’entrée Rec2020 qui n’est pas du tout prévu pour ça au profil d’entrée spécifique à leur boîtier).
Par ailleurs, la philosophie de darktable est de laisser un maximum de contrôle à l’utilisateur, donc l’outil n’empêche pas l’utilisateur de choisir un profil de couleur farfelu. Ça sert rarement à quoi que ce soit, mais c’est une option « au cas où » (par exemple certains utilisateurs de Nikon préfèrent le profil d’entrée Rec2020 qui n’est pas du tout prévu pour ça au profil d’entrée spécifique à leur boîtier).
Bonjour. Je suis sur Nikon et j’utilise parfois ce profil d’entrée Rec2020, lorsque j’ai une photo de nuit avec un éclairage urbain à base de led. En effet, pour un peu que le sol soit trempé, ça donne des halos bleus/violet dégueulasses avec les autres profils de couleur. Le Rec2020 s’en tire mieux à ce sujet je trouve
Au cas où mon message aurait été mal interprété : je n’ai pas dit qu’il ne fallait pas faire ça, mais que le profil Rec2020 n’avait pas été ajouté pour satisfaire les utilisateurs de Nikon à la base. Le fait d’avoir gardé l’option d’ouvrir les raw Nikons avec ce profil est utile dans ton cas par exemple.
Le module « profil d’entrée » sert à choisir quel profil appliquer sur les RAW. Par défaut, c’est la matrice standard. Si ton appareil a un profil spécial intégré dans dt, c’est la matrice améliorée. Si tu étalonnes toi-même ton appareil, c’est ton profil ICC à ajouter dans ~./config/darktable/color/in/.
Un profil d’entrée sert à corriger mathématiquement les défauts du système d’imagerie pour transformer le RAW (tributaire des propriétés du capteur) en une image « en vraies couleurs » dans l’espace Lab. On appelle ça un étalonnage.
Le sRGB n’est pas, rigoureusement, un profil de sortie, mais un espace de couleurs à gamut réduit à utiliser pour les imprimantes et les écrans courants. Ça n’est pas un profil parce qu’il n’y a pas de correction effectuée, on se contente de décrire les valeurs de pixels dans cet espace (vectoriel). La correction se fait au moment de l’export avec le logiciel (ici, darktable) qui décide, en fonction de l’intention de rendu (perceptuel, saturation, colorimétrie absolue ou relative), quoi faire avec les couleurs hors gamut.
En bref :
profil = étalonnage des couleurs => correction des valeur RGB => tables de correspondances (LUT) ou courbes d’étalonnage théorie/mesure du capteur
espace de couleur = description des couleurs => changement de coordonnées (d’espace vectoriel) des valeurs RGB => matrices de transformation
Un exemple simple :
la valeur RGB (255, 0, 0) n’a pas la même couleur selon qu’on est dans l’espace AdobeRGB ou sRGB (elle correspond à un rouge plus saturé dans AdobeRGB). C’est une représentation.
la valeur Lab (50, 0.5, 0) a théoriquement la même couleur peu importe l’écran (en supposant qu’il soit étalonné). Lab est un espace absolu.
quand ton appareil photo capte la valeur RGB (255, 0, 0) (on va faire comme si il enregistrait en 8 bits, pour l’exemple), il se peut qu’elle corresponde en fait à la valeur théorique (250, 0, 0). C’est le profil qui va se charger de la corriger, s’il sait que ton capteur sursature systématiquement le rouge de 5 valeurs.
Je ne voudrais pas relancer, comme c’est technique ça va « soûler » pas mal de monde.
Si j’ai bien compris :
le profil sert à corriger les couleurs.
le gamut est un espace de couleurs (sRVB et AdobeRVB pour les plus utilisés)
j’ai bien compris qu’un 0,255,0 pointera sur des tons de Vert différents suivant le gamut utilisé (en pointe sur sRVB et en pointe de l’AdobeRVB)
Ce que je pensais :
la matrice standard est un profil qui s’applique au raw pour obtenir les bonnes couleurs
Les couleurs sont corrigées mais le gamut n’est pas choisi
Je pensais qu’il serait peut-être judicieux de choisir son espace de couleurs, le gamut (sRVB ou AdobeRVB) au début du post traitement pour avoir la main sur le rendu général des couleurs tout au long du post traitement.
Je pensais qu’il serait peut-être judicieux de choisir son espace de couleurs, le gamut (sRVB ou AdobeRVB) au début du post traitement pour avoir la main sur le rendu général des couleurs tout au long du post traitement.
Au contraire, c’est bien plus intéressant de faire tous les traitements dans un espace le plus large possible. Comme ça tu peux imaginer par exemple un module qui sort de l’espace sRGB, et un autre module un peu plus loin qui retourne dans cet espace.
Le seul inconvénient c’est qu’on peut sortir un peu trop de l’ensemble de couleurs raisonnables, et certains modules n’aiment pas ça. C’est pour ça que tu peux restreindre l’image à un espace de couleurs en entrée : c’est l’option « troncature du gamut » du module (cf. https://www.darktable.org/usermanual/fr/color_group.html#input_color_profile). Mais c’est très différent de tronquer le gamut (= changer uniquement les pixels dont la couleur sort du gamut) ou de faire une conversion d’un profil à l’autre (qui affecte tous les pixels).
Dernier petit point : Le réglage présent dans les boîtiers, SRGB ou Adobe1988, ne concerne QUE les jpegs produits par le boîtier, pas les RAWs, qui comme leur nom l’indique bien, contiennent les données brutes du capteur donc qui ne sont impactées par aucun traitement¹. Il ne faut donc appliquer que des profils réalisés explicitement pour ton appareil pour que cela aie un sens.
¹En réalité, ce n’est pas tout à fait vrai. Les données brutes font l’objet d’amplification pour obtenir les différentes valeurs ISO et de filtrage antibruit, mais on va faire comme si…
matrice standard et matrice améliorée sont des profils fournis par darktable à l’instar des profils génériques fournis par Adobe ou Phase One pour leur logiciels respectifs. On peut leur préférer un profil icc fait spécialement pour son boîtier ce qui est toujours meilleur (sauf à rater son exécution).
Le profil représente la réponse colorimétrique de l’appareil, c’est à dire la façon dont il reproduit les couleurs. C’est le moteur de conversion (qui peut être LittleCMS dans le cas de dt, ou autre ailleurs) qui effectue la correction en s’appuyant sur le profil.
dt utilise L’a’b’ comme espace de travail. C’est très bien dans le sens où ça garantit le moins de perte possible dans l’application des différentes opérations de développement et de retouche puisque tout se résume à des opérations mathématiques. Il est donc préférable de réserver l’usage d’un espace colorimétrique comme sRGB, Adobe RGB ou mieux, pour l’export après le travail de l’image.
Le gamut n’est pas un espace de couleurs, le gamut est l’étendue des couleurs reproductibles. Ça s’applique aussi bien aux espaces qu’aux profils.
Vous avez bien compris qu’un espace colorimétrique est un système de référence borné par ses trois couleurs primaires et à l’intérieur duquel toutes des couleurs reproductibles sont définies. Les valeurs RGB de chaque couleur sont donc différentes selon l’espace utilisé.
Dernières précisions, on étalonne pas un APN, on le caractérise. On étalonne un écran, c’est la phase où l’on règle luminosité, contraste et gains RGB pour approcher au mieux la cible choisie. Puis on mesure les patchs colorés par rapport à leurs références, c’est la phase de caractérisation. C’est cette dernière phase que l’on fait pour un profil d’APN ou un profil d’impression.
Il arrive que la reproduction de couleurs très saturées pose des problèmes à l’image pendant le développement. C’est pour limiter ces problèmes qu’on utilise la fonction de dt de troncature de gamut. Cette troncature de gamut peut aussi être réalisée lors de la confection du profil de l’APN.
« Le module « profil d’entrée » sert à choisir quel profil appliquer sur les RAW. Par défaut, c’est la matrice standard. Si ton appareil a un profil spécial intégré dans dt, c’est la matrice améliorée. Si tu étalonnes toi-même ton appareil, c’est ton profil ICC à ajouter dans ~./config/darktable/color/in/. »
Comment fait-on pour savoir si un appareil a un profil spécial intégré à dt? Il y a un listing quelque part?
non. L’appareil photo contient un capteur, et un capteur s’étalonne. L’étalonnage, c’est trouver la loi mathématique liant l’entrée (l’étalon, théoriquement parfait et connu à l’avance) avec la sortie du capteur (la mesure, entachée d’erreur). Un fois cette loi trouvée, on peut, par l’opération inverse, corriger l’erreur sur l’entrée (lorsqu’elle n’est plus un étalon mais une inconnue) de façon à retrouver les valeurs dites « vraies ». C’est de la métrologie de base, et en la matière, c’est le Bureau International des Poids et des Mesures qui normalise le vocabulaire et les méthodes mathématiques : https://www.bipm.org/fr/publications/guides/vim.html
La caractérisation sert de contrôle qualité, mais n’a pas de sens métrologique : dans la plupart des logiciels d’étalonnage, c’est l’étape qui sert à déterminer la couverture gamut et le Delta E de l’affichage (c’est à dire l’erreur en norme vectorielle L1 ou L2 suivant la version ISO utilisée) après étalonnage, donc à valider la qualité de celui-ci. Ça n’a pas de sens de caractériser avant l’étalonnage, notamment parce qu’on ajustant les gains RGB (lors de l’étalonnage), on réduit souvent le gamut de l’affichage donc c’est après l’étalonnage qu’on veut savoir quelle couverture sRGB ou AdobeRGB il reste.
[hr]
Réussir un profil fiable et précis est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît, parce qu’il se base sur une photo de mire d’étalonnage qui doit être éclairée de façon parfaitement uniforme et sans reflet, par une source lumineuse apparentée à un corps noir (spectre visible complet). Et l’écalairage uniforme à spectre complet, à moins d’avoir un labo avec plusieurs lampes au xénon (€€€) disposées de façon homogène autour de la mire, bon courage…