Flux de travail relatif à la scène ou à l’affichage ?

darktable 2.6 a introduit une nouvelle chaîne de travail qui devient la chaîne par défaut pour darktable 3.6 : relative à la scène. Plusieurs vidéos sont sorties la sur ce sujet, comportant des erreurs et imprécisions. On fait le point.

Aurélien PIERRE

Photographe portraitiste à Nancy-Metz. Spécialiste en calcul, modélisation et simulation numérique pour le traitement d'image (débruitage, défloutage, gestion de la couleur) et le génie thermique. Développeur de filmique, égaliseur de ton, balance couleur, du focus-peaking, etc. Utilisateur de darktable depuis 2010. darktable est mon métier, pensez à m'aider à le développer.

9 thoughts to “Flux de travail relatif à la scène ou à l’affichage ?”

  1. Bonjour Aurélien
    Merci pour ces précisions “éclairantes”.
    Pour résumer avec simplification, peut-on dire que le développement linéaire permet à l’utilisateur d’exercer sa créativité poétique sans limite, mais dans un cadre respectueux d’une cohérence colorimétrique ?

  2. Merci pour ces rappels bien utiles même si on croit avoir déjà bien compris…
    Si j’ai bien compris,
    En fait, le mode scène permet de faire travailler darktable au maximum dans la dynamique de l’image raw (donc du capteur) avant de revenir in fine forcément à la dynamique de l’écran, alors que dans le mode scène on restreint tout de suite la dynamique de travail à la dynamique de l’écran. La différence entre les deux modes, c’est dans le mode relatif à l’écran la dégradation des couleurs dûes aux non-linéarités inévitables de filmique.
    Logiquement dans le mode scène filmique doit se situer vers la fin du pipe, et en début du pipe pour le mode écran ?

    1. Oui, mais ça ne se limite pas à la dynamique puisqu’on est en couleur. L’avantage de la représentation des couleurs relative à la scène est qu’elle préserve la relation d’origine entre la luminance du pixel et sa chromaticité (le couple teinte-chroma). La représentation relative à l’affichage casse cette relation, ce qui rend les ajustements de couleur plus difficiles à prévoir.

  3. Bonjour,
    Je viens de ré-écouter ce tuto. Je me pose la question de la différence du résultat du traitement numérique si je travaille en mode scène donc en conservant le plus longtemps possible la plage dynamique du raw avec une adaptation à la dynamique de l’écran en fin de traitement, ou si je travaillais dès le départ dans une mode linéaire relatif à l’affichage (gris à 18% du raw placé à 18 % de la dynamique de l’écran) en tronquant simplement les parties de la dynamique du raw non visible sur l’écran (que je ne peux d’ailleurs pas contrôler directement) ?

    1. Bonjour,

      je n’ai rien compris à la question, désolé. Je vais répondre au pif.

      La valeur de référence du gris moyen est indépendante de la plage dynamique. Traditionnellement, on ancrait les changements de tonalités sur le blanc, et on manipulait les tons moyens. Ça c’était quand le blanc avait une valeur fixée entre 80 Cd/m² et 120 Cd/m².

      Depuis que le blanc des écrans HDR peut monter bien plus haut, ce n’est plus une référence convenable puisqu’elle n’est plus fixe. Donc on définit une autre référence, dont on sait qu’elle à peu près constante peu importe l’écran ou le tirage, le gris moyen, et on pilote la compression des hautes lumières en conséquence. Ça permet d’assurer la cohérence de l’apparence des tons moyens peu importe le médium de sortie, ce qui se justifie par le fait que la majorité des surfaces réfléchissantes se situe par là.

      Maintenant, je pense que j’ai échoué à faire passer le vrai message autour du flux relatif à la scène… Ce n’est pas qu’une simple histoire de plage dynamique.

      L’idée, c’est que la chromaticité (teinte et chroma ou saturation) a un lien avec la luminance du pixel, dans un référentiel perceptuel. En clair, la « couleur » est liée à l’intensité lumineuse de façon complexe. Dans un flux relatif à l’affichage, on casse ce lien très tôt dans la chaîne, ce qui donne des couleurs très peu naturelles dans les traitements HDR classiques, et difficiles à travailler. Dans un flux relatif à la scène, on garde ce lien le plus longtemps possible, ce qui fait que les corrections de couleur sont beaucoup plus faciles à contrôler.

      1. Je pense que le message passe bien et que l’on comprend les couleurs perçues d’une photo sont un élément bien fragile qui se dégrade lorsque l’on modifie certains paramètres comme la luminance de la photo si ces modifications ne sont pas réalisées de façon propre c’est à dire linéaire. D’où l’intérêt dans le pipe de retarder l’utilisation des modules non linéaires (dont filmic).
        Mais je me pose sûrement à tord la question: quand je suis devant mon écran non hdr donc avec sa dynamique limitée par rapport à celle de mon image raw, comment je contrôle mes réglages dans les modules linéaires appliqués avant filmic pour les parties de l’image raw qui sortent de la plage dynamique de mon écran. J’attends d’avoir appliqué filmic pour voir ce que ça donne ?
        bien cordialement

        1. Aaaah… et bien on met des lunettes de soleil pour voir ce qu’on fait, et on manipule la couleur entre la lumière et nos lunettes en y intercalant des filtres.

          Filmique nous sert de lunettes HDR pour voir le signal HDR sur un écran SDR. Il nous permet d’avoir une visualisation sur notre travail. Mais le travail effectué se passe avant filmique, sur le signal linéaire. Évidemment, la visualisation est biaisée puisqu’on voit le signal remappé, mais c’est le mieux qu’on puisse faire.

          Conceptuellement, c’est un peu comme mettre l’image à l’échelle dans l’écran. On ne corrige pas l’image zoomée à 1:1 pixel, on fait un zoom arrière pour avoir une vue globale de l’image et estimer les propriétés globales (luminosité, contraste, etc.). Avec filmique, on fait une mise à l’échelle de l’intensité lumineuse pour simplement avoir une vue de l’image.

          Il faut juste comprendre que ce qu’on manipule (RGB linéaire) n’est pas directement ce qu’on voit.

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