darktable n’est pas le clone gratuit de Lightroom

À l’occasion de la sortie de darktable 3.0, le logiciel a été présenté sur les blogs et dans la presse, à maintes reprises, comme un « équivalent » ou un « clone » de Lightroom, en version « gratuite ». Selon les versions et les affinités, il est tour à tour présenté comme le parent pauvre de ce dernier (si c’est gratuit, c’est forcément moins bien), ou comme sa première dauphine (compétition honnête compte tenu de la différence de moyens).

Il y a trois problèmes là-dedans :

  1. darktable n’a pas vocation à copier Lightroom, ni à lui piquer son marché,
  2. positionner darktable comme le Lightroom gratuit génère des attentes utilisateurs non cohérentes avec ce qu’il propose, puis des utilisateurs frustrés,
  3. darktable n’est pas gratuit.

Les origines de darktable

À la base, darktable a été fondé par Johannes Hanika, à la fin de son doctorat en informatique pour les média. Depuis, Johannes travaille sur Manuka, le logiciel de rendu 3D utilisé pour produire les effets spéciaux des films Le Hobbit et la Planète des singes, notamment sur la synthèse d’images 3D physiquement réaliste. Il enseigne aussi à l’université de Karlsruhe. C’est lui qui a développé la décomposition en ondelettes sensibles aux bords du module égaliseur de contraste présent dans darktable.

S’il a démarré darktable, c’est qu’en 2009, la seule façon de développer des photos RAW sous Linux était Rawtherapee, et ce n’était pas encore un logiciel opensource. Pas moyen pour lui d’intégrer ses idées dans un logiciel existant, il lui fallait démarrer un nouveau projet. Or, pour un passionné de photo qui connaît le traitement d’image et sait programmer, pouvoir transformer ses idées en filtres est rapidement un besoin pressant.

Ainsi naquit darktable : pour Linux, sous Linux. Dans un monde où les PC sont vendus avec les logiciels Microsoft installés d’office, Linux est le système d’exploitation des bidouilleurs et de ceux qui veulent contrôler l’ordinateur, pas se laisser contrôler par lui. L’ADN de darktable, c’est Linux : le contrôle complet de l’utilisateur sur l’image, pas la photo instantanée décaffeinée avec édulcorants.

Déjà à l’époque de l’argentique, il y avait deux sortes de photographes : ceux qui développaient eux-mêmes, et ceux qui laissaient leurs négatifs au labo 1h. darktable ne s’adresse pas à la deuxième catégorie. La bonne nouvelle, c’est que darktable ne vous oblige pas à respirer des concentrés chimiques de cancer qui vont finir à l’évier et polluer les nappes phréatiques Ça coûte aussi nettement moins cher en consommables, et plus besoin de monopoliser la salle de bain.

La concurrence de darktable

La concurrence de darktable n’existe pas, pour la simple et bonne raison que darktable n’appartient à personne et n’est pas vendu. Téléchargez le gratuitement, installez le, testez le, et s’il ne vous plaît pas, aller vous faire pendre ailleurs. Pas d’engagement, pas d’abonnement, si ça vous plaît restez, si ça ne vous plaît pas, partez. C’est aussi simple que cela. Pas besoin de créer de compte, de donner votre email et votre numéro de carte bleue. N’est-ce pas rafraîchissant ?

Parenthèse : j’ai un compte Adobe dont l’identifiant et le mot de passe ont fuité le 4 octobre 2013, lors d’un piratage du site. Merci Adobe ! C’est ça aussi, le SaaS : laisser vos infos perso sur un serveur sécurisé par un stagiaire.

Installez Lightroom ou Capture One : en ouvrant vos photos, vous obtenez le rendu “officiel” du logiciel, incluant des profils de couleur caméra et des courbes de base que vous ne pouvez pas désactiver. Alors, oui, ça ressemble aux JPEG créés par votre boîtier dès l’ouverture du logiciel, et en deux clics vous pouvez finir votre photo… Mais si vous n’aimez pas le rendu par défaut du logiciel (au hasard… parce qu’il est trop saturé pour votre style), il va vous falloir le combattre dans le logiciel, parce que vous ne pouvez pas le désactiver totalement. Vous êtes le dindon de la farce, même après avoir payé très cher votre précieux outil de travail.

Sous darktable, c’est très simple… Vous pouvez changer le profil d’entrée et désactiver la courbe de base par défaut, ou la changer pour ce que vous voulez. Donc darktable vous permet de retoucher un vrai fichier RAW depuis le début. Lightroom et Capture One, même s’ils fonctionnent remarquablement bien, vous prennent pour un(e) con(ne) et vous forcent la main avec leurs styles de base indéboulonnables. En contrepartie, darktable vous expose des options dont vous n’avez jamais entendu parler avant et dont vous vous seriez bien passé… La liberté vient avec des responsabilités.

darktable ne concurrence pas Lightroom, pour la simple et bonne raison que darktable ne vise pas le même marché que Ligthroom : les pousse-boutons serviles dressés par Adobe à cracher 12 € par mois, jusqu’à la prochaine augmentation de tarif, en essayant de se convaincre que c’est un mal nécessaire pour garder accès à leurs développements (le syndrome de Stockholm, ça se soigne les gars).

La photo doit être facile

J’ai déjà écris là dessus, vous avez tous été déformés par Kodak. Dès 1892, Brownie (racheté par Eastman Kodak en 1895) invente la photo grand public, avec le Brownie Bullseye : un appareil photo moyen-format en bois, grand public, sans système de mise au point et avec seulement 3 réglages d’exposition. Le premier point-and-shoot de l’histoire ! L’appareil était livré pré-chargé avec une pellicule souple de 120 mm (une révolution à l’époque, où l’on travaillait plutôt sur plaque en verre), puis était renvoyé par service postal au quartier général de Kodak, où la pellicule était déchargée, développée, puis l’appareil était renvoyé au client rechargé avec une pellicule neuve et les tirages papier de sa précédente pellicule.

Si Kodak a introduit ce concept du point-and-shoot, ce n’était pas par charité, mais pour étendre son marché vers les pères de familles bourgeoises vaguement technophiles, et ramener plus de consommateurs. Kodak est une entreprise américaine, et tout le monde sait que chez les américains, même la philanthropie est du marketing.

125 ans plus tard, tout le monde a intégré que la photographie était facile. Oui, mais quelle photographie ? La photo facile à l’emploi est une catégorie de photo seulement, qui vise un certain public seulement, parce que si elle va vite à produire sans compétence préalable, elle n’a pas les outils pour aller loin et est assez vite limitante pour le photographe. Par essence, la facilité repose sur des choix esthétiques et techniques faits à votre place par des ingénieurs, et qui vous retirent le contrôle sur vos images en son nom. On est donc donc la gratification immédiate, dans le style en conserve, pas dans l’expression artistique. Vous imaginez si la peinture avait été verrouillée techniquement dans ce même type d’approche mercantile par une entreprise en situation de quasi-monopole, ce qu’on regarderait dans les musées aujourd’hui ? Ou si la musique était limitée à rentrer une partition dans un ordinateur et à laisser le synthétiseur enchaîner les notes mécaniquement, ce qu’on écouterait aujourd’hui ?

Dans l’imaginaire collectif, cette photo de masse à la Kodak, facile par nécessité mercantile, est devenue la photo tout court et a éclipsé les autres types de pratique photographique. Beaucoup de photographes numériques ne peuvent pas imaginer que la photo argentique (dans la mode ou la photo d’art) ait été lourdement retouchée, car effectivement, les négatifs que papa déposait au labo 1 h n’étaient pas corrigés. L’utilisateur moyen ne s’émerveille plus des possibilités offertes par la photo numérique, il exige de la magie en 3 clics. 125 ans après le Bullseys, tout le monde s’attend à ce que la photo soit facile, et à ce que que tous les logiciels s’inscrivent dans cette démarche du moindre effort. Tout le monde sait et accepte qu’il faille 12-16 ans pour former un musicien au conservatoire, ou 4 ans pour former un peintre ou un sculpteur aux Beaux-Arts, mais pour une raison étrange, la photo doit être un truc qui marche tout seul dès qu’on ouvre le logiciel.

Lightroom, Capture One, et tous leurs petits copains bardés d’intelligence artificielle sont typiquement dans cette démarche de consommation de masse : rendre la photo la plus facile possible pour le novice, tout en rendant la vie impossible à tous les artisans de l’image qui savent ce qu’ils veulent et qui ne veulent pas forcément la même chose que les équipes de développement des logiciels.

La photo est un art et un artisanat, et darktable s’inscrit dans cette approche : donner des options avancées à l’utilisateur. Un choix qu’il convient d’assumer en se formant pour prendre des décisions éclairées. Un choix qui n’est pas fait pour tout le monde. Un choix qui évite qu’on se transforme tous en clones de l’utilisateur moyen, faute d’alternatives. La démocratie, ça n’est pas 80 % d’utilisateurs moyens servis par une entreprise dirigée par la rentabilité, et 20 % d’utilisateurs qui peuvent aller se faire voir parce qu’ils n’avaient qu’à être comme les autres. Les 20 % minoritaires ont aussi le droit d’être servis, même quand ils ne sont pas un marché rentable.

Pour ceux qui veulent utiliser leur appareil photo comme ils utilisent leur voiture, tous les appareils photo sont livrés avec un mode super sympa : le JPEG en tout automatique. La photo de masse facile, c’est très bien, d’ailleurs c’est la seule raison pour laquelle on possède presque tous des archives visuelles familiale (un vrai progrès social : la postérité n’est plus réservée qu’aux bourgeois), mais ça ne doit pas éclipser les autres approches. Et il faut bien admettre que les autres approches deviennent de plus ne plus difficile avec les logiciels typiques actuels.

Le cas des JPEG boîtier

Trop d’utilisateurs comparent la sortie de darktable avec les JPEG produits par leur boîtier. La comparaison est généralement en défaveur de darktable qui, malgré plus d’étapes, ne fait pas aussi bien.

Premièrement, vu le prix des boîtiers numériques, j’ai envie de dire… heureusement que votre constructeur produit de beaux JPEG. Après tout, il est le seul à savoir comment son capteur est construit, et comment son électronique interne traite l’image, donc il n’a aucune excuse pour rater son traitement JPEG. Il connaît son appareil de l’optique à l’informatique, en passant par l’électronique.

Au niveau de darktable, le problème est que les constructeurs de boîtiers ne communiquent pas avec nous. Pire : quand on leur demande des informations, ils nous demandent de signer des clauses de confidentialité qui font que, en pratique, les informations qu’ils nous donnent ne peuvent légalement pas être utilisées dans un logiciel opensource (c’est pourquoi le nouveau format Canon CR3 n’est toujours pas supporté dans rawspeed, et n’est supporté dans libraw que depuis quelques mois). Tout ce qu’on peut faire pour espérer sortir un traitement RAW par défaut aussi bon que les JPEG du boîtier, c’est de la rétro-ingéniérie. Ça suppose :

  1. qu’on ait des gens pour nous fournir les RAW et les JPEG de tous les appareils photo actuels,
  2. qu’on ait des gens compétents et suffisamment disponibles pour les traiter.

En pratique, c’est irréaliste. Ça ne veut pas dire que vous ne pouvez pas obtenir un résultat aussi bon ou meilleur que les JPEG constructeur dans darktable, ça veut dire qu’il va falloir travailler pour parce qu’on n’a très peu de moyens pour vous simplifier/automatiser le processus.

Vous êtes contents des JPEG produits par votre boîtier ? Et bien contentez-vous en ou utilisez le logiciel de traitement RAW fourni par votre constructeur. Votre constructeur est le seul à savoir comment son capteur est construit, il a toutes les données en main pour faire une retouche simple et efficace, et vous l’avez payé pour ça. À un moment donné, il faut aussi être cohérent entre l’outil que vous choisissez et vos attentes.

Redéfinir les attentes utilisateurs

La frustration des utilisateurs vient de ce que leurs attentes ne coïncident pas avec l’objectif du logiciel, et ces attentes sont en grande partie la conséquence d’une communication éhontée et trompeuse sur darktable, et de raccourcis hâtif parce que, de loin, darktable ressemble à Lightroom.

darktable n’est pas le Lightroom du radin malin. darktable ne vise pas le même public. darktable ne fonctionne pas comme Lightroom et n’a pas vocation à le copier. darktable migre vers un workflow RGB linéaire relatif à la scène, quand tout le monde continue à faire de la retouche en RGB encodé en gamma. Pourquoi ? Parce que le RGB linéaire est bien plus cohérent avec les modèles de transport de la lumière dans les organes optiques, alors que Lightroom et Capture One ne peuvent pas se permettre de demander à leurs clients de réapprendre la retouche depuis le début, quand bien même leur modèle de couleur est fondamentalement cassé et irréparable.

L’avantage de ne rien vendre, c’est qu’on peut se permettre d’être intelligent même quand on sait que ça va déplaire. Parce que le changement déplaît toujours. Mais quand ça fait 30 ans qu’on fait de la merde, et qu’on commence à accumuler les preuves indubitables que c’est de la merde, quelle est la décision la plus rationnelle ?

N’être qu’un clone gratuit de Lightroom ?

Aurélien PIERRE

Photographe portraitiste à Nancy-Metz. Spécialiste en calcul, modélisation et simulation numérique pour le traitement d'image (débruitage, défloutage, gestion de la couleur) et le génie thermique. Développeur de filmique, égaliseur de ton, balance couleur, du focus-peaking, etc. Utilisateur de darktable depuis 2010. darktable est mon métier, pensez à m'aider à le développer.

54 thoughts to “darktable n’est pas le clone gratuit de Lightroom”

  1. Comme je suis d’accord avec toi sur ce que tu as si bien écrit, je n’aurai jamais pu écrire un tel article par manque de connaissance.
    Je me retrouve dans cet article car j’ai démarré la photographie dans la période argentique et je développais mes N&B dans mon labo. C’était le “pied” de voir sa photo originale apparaître progressivement sur le papier, si tu ne t’étais pas loupé dans le développement du film. E t puis après analyse de cette photo réaliser des masques pour éclaircir ou assombrir certaines zones.
    Avec darktable je retrouve cette joie d’avoir une photo qui ne ressemble pas à grand chose sans la courbe du capteur et de la voir évoluer au fur et à mesure que tu lui applique les modules de darktable.
    Bien que n’étant pas encore un maître de ce logiciel j’évolue tout doucement vers un résultat qui de mois en mois est meilleur. Tout comme l’amélioration sur le développement du N&B en argentique, c’est à force de développer et de comprendre ce que l’on fait que l’on améliore sa technique.
    Et tes articles de vulgarisation de la photo numérique m’aide grandement à avancer.
    Un grand merci à toi et à ton implication dans darktable.

    1. J’ai un peu la même démarche, à partir du développement argentique dans ma cave en N&B… dans une autre vie. Et avec DT je retrouve le plaisir de retravailler mes photos. Ce que j’avais commencé avec GIMP.
      J’ai aussi redécouvert le plaisir de faire des photos imprimées et là DT est un grand +
      Mon problème avec mon atelier multimédia est que j’ai du mal à lutter contre les automatismes des APN, des sorties JPG et des évolutions des smartphones hauts de gamme qui partent sur 4 capteurs… donc vers une solution type HDR.
      Mais il est vrai aussi que les photos smartphones envoyées à l’instant par les enfants/amis via What’s App ou autre
      représentent un autre type de plaisir à ne pas négliger.
      Personnellement je trouve qu’on voit trop de photos “trafiquées” HDR qui deviennent complétement surréalistes, flashies, bonnes seulement pour la publicité.

      1. La photo rapide et prête à l’emploi est une bonne chose, personne n’a dit le contraire. Mais c’est juste une façon de faire de la photo, ça serait dommage si ça devenait la seule.

      2. Je pense que c’est un peu dur pour ceux qui sont venus vers Darktable pour la philosophie du Libre. D’autre part les gens sont pas conscience parce qu’ils cherchent plus de facilité dans l’utilisation du logiciel et comprendre les changements.
        Beaucoup réfléchissent avant de choisir entre consommation et Libre.
        Peu de photographes connaissent l’existence de Darktable et c’est sûrement par manque de moyens et de ressources de l’équipe de développement.
        J’ai toujours appris qu’avant de juger faut essayer de comprendre.
        Si on résume ton article, Darktable n’est pas à conseiller à des débutants, ou à ceux qui ne veulent qu’un outil de base mieux que les gratuits de Google, W10 …?
        Il doit être réservé à des pros ou experts ayant des reflex ou hybrides et sachant travailler des Raws ?
        Les logiciels gratuits constructeurs sont effectivement des outils intéressants mais il manque le catalogage et le traitement par lot. De plus l’IA va se développer davantage Ce qui va démocratiser davantage la photo mais il y existera toujours la possibilité pour les photographes la possibilité de traiter en Raw sauf si on invente une nouvelle façon de capturer les photons et que l’on supprime les Raw. Pour le grand public il existera l’IA qui donnera la photo souhaité en fonction des réglages de l’APN. Ils ne pourront par contre en améliorer une car les outils seront soient trop chers, soient trop complexes.
        Serais tu le seul développeur ou existe-t-il des développeurs avec une autre vision ? Être à l’écoute des utilisateurs est aussi une marque d’intelligence.
        Ajoutez une possibilité d’utilisation plus simple pour les débutants comme vu dans les dernières vidéos et cela permettra de faire plus connaître darktable et avoir envie d’aller plus loin dans le post traitement avec Darktable.
        Belles avancées dans Darktable 3 mais peut-être sortie trop tôt ou pas assez finalisé pour la fin d’année 2019.
        Bonne continuation

        Une question : existe-t-il un moyen simple de comparer ce que me donne mon APN en sortie avec mon résultat de traitement, peut-être en clonant l’image dans la table lumineuse avant traitement?

        1. Je pense que c’est un peu dur pour ceux qui sont venus vers Darktable pour la philosophie du Libre
          J’ai toujours appris qu’avant de juger faut essayer de comprendre.
          Être à l’écoute des utilisateurs est aussi une marque d’intelligence.

          Je pense que les jeux olympiques sont un peu durs pour ceux qui sont venus pour la philosophie de Pierre de Coubertin.

          Ça fait au moins 3 ans que j’écoute les utilisateurs, pour les aider, et plus d’un an, pour leur construire des solutions techniques… Au Libre Graphics Meeting 2019, à Saarbrücken, je me suis assis à côté d’artistes pour regarder comment ils bossent.

          Et bien à la fin de la journée, je ne suis pas plus avancé : il n’y a pas deux utilisateurs qui veulent la même chose, et si j’essaie de contenter tout le monde, je vais finir avec des interfaces à tiroirs bien pires que l’apparente complexité qu’elles étaient censées masquer. Si on pouvait faire des produits techniques capables de convenir à tous les usages, on n’aurait pas autant de constructeurs automobiles avec autant de modèles différents à leur catalogue…

          Donc on fait de la politique, c’est à dire qu’on décide arbitrairement dans quelle direction on veut aller. À chaque fois que je sors un nouveau module, j’ai la moitié des retours qui sont des utilisateurs super contents, et la moitié qui comprennent rien et qui râlent. Dans ceux qui râlent, on essaye de comprendre pourquoi ils râlent, et on corrige des trucs si possible, mais souvent c’est des problèmes de non-lecture de la doc.

          darktable n’est pas réservé aux pros, ou aux experts, il est réservé à ceux qui n’ont pas peur d’apprendre. L’utilisateur “moyen”, il a déjà pléthore de solutions disponibles, faciles et rapides, ça ne sert à rien d’en proposer une de plus. Y a quand même au moins 3/4 des problèmes utilisateurs qui seraient résolus si les gens faisaient des écoles de photographie avant de se lancer tête baissée sur les curseurs. Le logiciel est là pour permettre de manipuler des données numériques, pas pour être un photographe virtuel.

          Serais tu le seul développeur ou existe-t-il des développeurs avec une autre vision ?

          Demande à Pascal Obry, Rawfiner et Philippe Weyland ce qu’ils en pensent…

  2. Merci Aurélien pour cet article …

    Je m’y retrouve tout a fait dans tes écrits ! Et c’est vrai que depuis que j’utilise darktable, j’ai fait des progrès immenses en photo !! Je commence enfin a comprendre plein de choses et effectivement le progrès impose de se former, de s’informer !

  3. Un bel article très engagé.
    Pour ma part, je suis un humble amateur, je l’espère de plus en plus éclairé grâce aux différents contributeurs notamment de cette communauté.
    Cela va faire un peu plus de trois ans que je prends des photos en dilettante et j’essaie à mon petit niveau de m’améliorer comme je le peux, sans forcément de personnes de mon entourage calé dans le domaine. C’est jamais facile de s’intéresser à un domaine quand on part de zéro et qu’on n’a pas de guide. Heureusement, internet et ses contributeurs anonymes ou non est une formidable source d’informations avec tous les défauts que cela peut comporter.
    J’ai téléchargé darktable car je voulais m’initier au développement de raw, je n’y connaissais rien, et le côté gratuit m’a intéressé, car je ne savais pas si je serais capable de faire du développement notamment de mes photos de voyage. Et j’avoue qu’investir dans un logiciel sans savoir si je persévérerai ne me tentait pas. Puis en fait je me suis investi dans ce logiciel, à mon niveau, en essayant d’apprendre petit à petit à m’en servir.
    J’ai suivi avec attention les différents tutoriels des carafife, jc tutos, Philippe Deletree et Aurélien Pierre. Parfois, très techniques, mais ne prenant pas forcément l’utilisateur par la main. J’en ai appris beaucoup avec les vidéos d’Aurelien sur comment est fait une image, et une photo.
    C’est absolument passionnant, et le côté développement m’a également finalement beaucoup intéressé, même si je suis à des années lumière de l’expertise de certains ici. Utiliser des modules en sachant pourquoi on le fait, avec une intention, c’est très exactement ce qui m’a poussé à m’accrocher.
    C’est difficile, ardu, mais j’ai l’ impression de davantage progresser désormais, même lors des prises de vue. Je commence à savoir où je veux aller.
    Je ne cherche pas à en faire un métier mais j’avoue qu’au début, j’étais assez friand d’avoir des recettes faciles. Force est de constater que ça ne fonctionne pas comme ça. Je cherche juste désormais à créer des images en maîtrisant la plupart des étapes. Je ne connais pas light room, ni d’autres logiciels, mais je trouve que darktable est accessible, du moment qu’on fait l’effort de se documenter, d’essayer, de rater, de recommencer. Comme les prises de vue d’ailleurs.
    Bref, tout ça pour dire que sans querelle de clochers, j’apprécie énormément ce logiciel et les développements récents qui en sont faits. Je ne pense pas être assez qualifié pour contribuer à son amélioration, mais je peux témoigner mon soutien à toute l’équipe car le travail fourni est formidable.
    Je remercie les récentes vidéos de Luc Viatour et Rawfiner également et les explications techniques très utiles d’Aurelien Pierre. Je mets aussi à regarder des vidéos en anglais désormais notamment celle de Bruce Williams.
    Bref, continuez ainsi, allez là où vougs voulez aller, et tanpis si ça ne plaît pas à la masse des gens. Il y aura toujours des gens pour reconnaître le travail formidable fourni.
    Amicalement,

    1. Je partage ce discours rebelle contre l’uniformisation qui nous menace et cet appel à notre intelligence !
      J’avais presque oublié l’époque où je faisais du développement argentique avec mon grand frère et où on récupérait des chutes de négatifs de bobines de films pour faire nous mêmes nos pellicules noir et blanc !
      La pseudo intelligence artificielle qui s’insère de plus en plus dans la vie de tous les jours va participer à rendre encore plus idiots tous ceux qui vont en abuser.

  4. Tout en reconnaissant la pertinence de tes arguments, qui étaient déjà évoqués par certains quand il s’est agit d’ouvrir darktable à Windows, il serait peut-être possible de rendre darktable un peu plus accessible à un public conscient de l’excellence de ton travail mais moins sensible aux expressions mathématiques qui jalonnent ce bon logiciel.
    Ne pourrait-on pas trouver des expressions qui parleraient un peu plus à tous ? Un exemple simple pris au hasard. Le module contraste local porte les expressions “grille bilatérale” et “filtre laplacien local”. J’ignore ce qu’est une grille bilatérale et un filtre laplacien local. Que faire alors ? Voir ce que fait le réglage sans se soucier de son titre.
    Les anciens modules encore présents, pour imparfaits qu’ils soient, restent compréhensibles par tous, même s’ils sont mal codés selon toi. Et c’est sûrement vrai. Exemple, le module zone de couleurs est très explicite : clarté saturation teinte. ca parle à tout le monde.
    Regarde le module balance couleur, Slope, offset, power, lift, gamma, gain … Ca ne parle pas à grand monde. Il serait peut-être utile de faire trois onglets comme dans filmique pour raccourcir un peu sa longueur.
    Je pense qu’il serait possible, sans changer le développement exigeant de darktable en matière de qualité, de le rendre plus facile d’accès en interface par les termes employés et peut-être des modules moins complexes ou scindés en plusieurs si cela donne plus de facilité de compréhension.
    je pense que le problème de darktable ce n’est pas sa complexité mais son accessibilité.

    1. darktable est accessible : il y a toute la doc disponible qu’il faut pour s’y former. Le problème est juste de fournir l’effort s’y former. Les maths ne sont pas dans l’interface, et on ne demande à personne de résoudre une équation. Mais on ne peut pas avoir un logiciel simple quand ce qu’on fait est complexe. Sinon on automatise tout, et on ne donne pas accès aux réglages (c’est ce qui se passe dans les smartphones).

      Je suis désolé, mais il va falloir arrêter de tourner autour de l’obstacle et commencer à sauter.

      Ne pourrait-on pas trouver des expressions qui parleraient un peu plus à tous ? Un exemple simple pris au hasard. Le module contraste local porte les expressions “grille bilatérale” et “filtre laplacien local”

      Est-ce que tu sais ce qu’est la sensibilité ISO ? C’est le coefficient directeur de la fonction de transfert valeur RGB / luminance. Est-ce que ça t’empêche de régler l’exposition dans ton appareil à 1600 ISO quand il comment à faire sombre ?

      Est-ce que tu sais ce qu’est un filtre polarisant ? C’est un milieu optique qui laisse passer une onde électromagnétique seulement pour une seule orientation de champ électrique. Est-ce que ça t’empêche de tourner le filtre jusqu’à ce que le ciel soit bien saturé, quand tu fais une photo de paysage ?

      Tu ne sais pas ce qu’est l’ISO ou le polarisant, mais tu as développé une compréhension instinctive de ce qu’ils font, où tu as fait un lien dans ta tête entre un réglage et son effet, et au final ça marche quand même au quotidien. Il y a plein d’autres exemples de trucs dont tu as appris le nom sans vraiment savoir ce qu’il voulait dire, est-ce que c’est un problème ?

      La méthode s’appelle grille bilatérale, comment tu veux qu’on la rebaptise ? Méthode 1 ? Truc qui fait des halos quand tu fais pas gaffe ? Si c’est son nom, c’est son nom. Savoir que c’est un double produit de convolution spatial et en intensité ne va pas changer grand chose à l’utilisation pratique. Dans n’importe quelle discipline, on a du jargon (et on n’est pas en médecine…). Il faut l’apprendre et c’est tout. Encore une fois, personne ne t’as demande de coder la convolution à la main.

      Slope, offset, power, lift, gamma, gain … Ca ne parle pas à grand monde. Il serait peut-être utile de faire trois onglets comme dans filmique pour raccourcir un peu sa longueur.

      Lift, gamma, gain c’est standard chez les coloristes. Y a même un forum qui s’appelle comme ça : https://liftgammagain.com/forum/index.php. Slope, offset, power, c’est pareil. Et la beauté du truc, c’est que c’est exactement le même algo qui tourne peu importe le logiciel (Blender, Kdenlive, Krita, Da Vinci Resolve, etc.). On va pas se mettre à coller un nom pas standard à un truc standard.

      Tu t’appelles Philippe, je t’appelle Philippe, on va pas se mettre à t’appeler Hortense parce que c’est plus facile à lire pour un dyslexique…

    2. Philippe, Je partage entièrement ton avis. Darktable est un logiciel formidable qui ne doit pas être utilisé uniquement par des mathématiciens ou des techniciens très pointus. Il faut le rendre accessible à la majorité des photographes amateurs et professionnels. Carafife qui faisait d’excellents tutos compréhensibles par tous et avec lesquels j’ai commencé à utiliser Darktable semble d’ailleurs avoir pris un peu de distance avec l’orientation prise.
      Si on pouvait rendre Darktable encore plus accessible, je pense que cela conduirait à accroître sa notoriété et son succès.
      Ne serait-il pas possible de mettre et de séparer trois niveaux de développement des fichiers Raw.
      Un premier niveau comme le module ajustement de base avec un mode auto et la possibilité d’ajuster ensuite les différents curseurs.
      Un second avec le développement tel qu’il était avant l’arrivée de filmique,
      Un troisième avec le développement RVB axé autour des modules Filmique, égaliseur de ton ….
      La table lumineuse pourrait également être simplifiée en affichant sur la partie gauche une navigation de fichiers comme cela est fait dans les autres logiciels (ex Rawtherapee)
      En tout cas un grand merci à tous les développeurs et les contributeurs de Darktable qui en ont fait en quelques années une référence dans le domaine.

      1. Le premier et le second niveau de difficulté que tu proposes induisent des tas de problèmes dans le traitement des pixels, qui sont connus et qui n’ont pas de solution. Problèmes de gamut, bruit chromatique artificiel, etc. etc. etc. C’est du code cassé.

        En fait, la solution c’est de passer au troisième niveau. On fait pas exprès de rendre les choses compliquées pour le plaisir, les choses sont compliquées, et on s’adapte à elles parce qu’on n’a pas le choix.

        Du coup, moi, j’ai pas de problème avec dégrader volontairement la performance au nom de la simplicité, mais c’est pas moi qui gèrerait les utilisateurs mécontents, pas plus que je ne leur réexpliquerai que ça ne peut pas marcher.

        Vous n’avez pas idée du nombre de personnes qui accusent leur profil de couleur dès qu’il y a un souci de couleur, alors que c’est la courbe de base qui est fautive. Ou qui accusent filmique de rajouter du bruit, alors qu’ils ont poussé des pixels hors gamut on faisant n’importe quoi. Mais comme les problèmes se manifestent au niveau de filmique, c’est moi qui ait droit aux emails.

        Je ne suis absolument pas convaincu du bénéfice planquer la merde au nom de la simplification.

    3. …les termes techniques ne me posent aucun problème : je ne comprends pas les mots mais je vois (en direct) ce qu’ils produisent et cela me suffit amplement…

  5. Sous linux depuis “Mandrake”, j’apprécie l’état d’esprit qui a présidé à cet article.
    Je surveille darktable depuis longtemps, mais n’avait jamais eu (pris !?) le temps de m’y plonger.
    Depuis l’arrivée de filmique en 2.6, et surtout de la 3.0, ça y est, je m’immerge..
    Je voudrais en profiter pour remercier toutes et tous ceux qui s’impliquent de près ou de loin (développement, vidéos, articles, maintenance du site et du forum…..), pour nous donner accès à ce logiciel, et nous ouvrir les portes de domaines passionnants.
    En complément, je trouve que les remarques de Philippe Delétrée ci-dessus, sont pertinentes elles aussi, et compatibles avec l’esprit darktable.
    Encore merci pour cet énorme boulot, et à moi de faire les efforts nécessaires pour en profiter pleinement (et tant pis pour ceux qui ne veulent pas se donner la peine)
    Amicalement
    Michel

  6. Je seconde moi aussi Aurélien des 2 mains, en effet les réactions de certaines personnes sont très frustrantes, je me rappelle avoir passé beaucoup de temps à aider à installer Linux sur des machines pourries pour apprendre après que la personne est allée payer une nouvelle installation de windows et raconte que le libre c’est de la m… qu’on est une bande de maniaques prétentieux et inefficaces sur lesquels on ne peu pas compter. Il ne faut pas perdre de temps avec ce gens là, mais ça ne nous a pas empêché de continuer à utiliser et promouvoir le logiciel libre.
    Mais ça n’empêche pas de faciliter l’accès au logiciel, et c’est à la communauté de le faire au delà du travail d’Aurélien.
    Et oui, l’accès au logiciel peut être fastidieuse, je peux en témoigner et même au niveau de la table lumineuse, j’ai peiné un bon moment sur l’import, j’ai du faire de multiples tentatives pour finalement comprendre, car l’information est dispersée et parfois confuse, comment m’organiser avec les dizaines de milliers de photos accumulées depuis près de 20 ans, une fois confortable avec le logiciel on oublie ça si l’on ne s’est pas découragé. Bien souvent les tutoriels ne font effleurer cela car le fun est au-delà.
    Prenons l’exemple du tutoriel récent de Philippe Delétrée pour les “grands débutants”, il n’y anticipe pas les questions de base que se pose un “grand débutant” : demandez à un grand débutant de refaire confortablement l’import initial qu’il montre et vous verrez combien il (le débutant) sera confus. Ce n’est pas un reproche, c’est une observation. La plupart des tutoriels supposent une connaissance préalable que les “grands débutants” n’ont pas. Ils sont faits en quelque sorte un peu “entre nous”.
    Et pourtant sans un bon confort avec la table lumineuse, pas la peine de parler des modules.
    Il faut donc que des vrais débutants intéressés et passionnés (convaincus du logiciel libre pour être prêt à y passer du temps) se mettent au travail de vulgarisation pour faciliter la prise en main. Bien sûr en exploitant le matériel existant et en validant avec ceux qui savent.
    C’est ce que j’ai entrepris à ma manière (et signalai récemment, je redonne le lien https://pascot.ca/labo, ) à l’occasion d’un redémarrage à neuf avec la v3.1. Je documente ça d’ans un un wiki en CC-by, j’y passe quelques heures par jour en ce moment, donc c’est évolutif. Si vous pensez qu’on peut faire quelque chose avec ça je suis partant.
    Enfin, il manque un livre sur le marché, bien des gens en ont besoin et c’est un signe de maturité rassurant, mais c’est une deuxième étape (la vente de ce livre pourrait d’ailleurs financer dt)

    1. Bonjour
      J’ai commencé à réaliser quelques tutoriels pour débutant qui se trouvent sur l’espace débutant du site.
      Je suis en train de préparer un nouveau pour débutant souhaitant aller un peu plus loin.
      J’y développe, en fonction de mes connaissances de débutant un peu évolué, histogramme, balance des blancs, exposition et filmique, pour l’instant.
      C’est dans l’esprit de ce que tu proposes.
      J’envisageais également d’appeler à contribution celles et ceux qui souhaitent se retrouver dans cette démarche.
      Un groupe de “débutants” qui se posent toutes les fameuses questions bêtes et auxquelles nous essayons d’apporter une réponse de façon collective et argumentée.
      Je pense qu’il faut rester sur la v3.0.0 qui est la seule officiellement publiée.

      1. Aurélien à fait un travail fantastique mais il ne peut pas tout faire, dans la communauté d’un logiciel libre il y a plusieurs fonctions à remplir. Il faut que d’autres travaillent à la prise en main du logiciel pour un débutant.

        La solution c’est d’expliquer avant de dire où cliquer, car du jargon il en faut. J’ai fait de la voile et sur un voilier il n’y qu’une corde quand elle existe celle de la cloche, les autres ce sont les drisses, les écoutes, … c’est une question de rapidité et de sécurité, mais encore faut-il comprendre ce que font ces manœuvres et pourquoi, quelques soient leur matière, sisal, coton, tergal, nylon, kevlar, mais ce choix aussi important soit-il ne concerne pas l’équipier à prime abord.

        Bien souvent le “débutant” ne sait pas trop ce qu’il veut ou devrait faire, un bon guide devrait lui dire ce que fait le logiciel et pourquoi de telle manière qu’il le comprenne, et non simplement où cliquer.

        Je suis partant pour participer à cet effort.

  7. Bonjour ! Merci pour cet article et pour tout le travail accompli sur darktable. Je suis un fervent libriste depuis une bonne quinzaine d’années, et je prends aussi des photos et essaie de m’améliorer sur l’utilisation de darktable. Je ne connaissais pas la genèse de darktable, merci pour ce récapitulatif !

    Je vais me faire l’avocat du diable quelques instants sur deux points.

    Si tu ne veux pas que darktable soit continuellement comparé à Lightroom, peut-être faudrait-il commencer par renommer le logiciel qui est clairement un pied de nez au logiciel d’Adobe et qui ne fait que conforter les gens qui en parlent dans leur sentiment que « en gros, c’est Ligthroom gratuit, quoi ! ».

    Ensuite, insulter les utilisateurs d’un logiciel (« les pousse-boutons serviles dressés par Adobe… ») n’est sans doute pas la meilleure méthode pour les inviter à essayer d’autres alternatives.

    Tu parles aussi du look JPEG par défaut, du fait que beaucoup d’utilisateurs demandent ça et que c’est trop difficile à implémenter. Quelle est la méthode, exactement ? Je me souviens avoir lu un article sur Pixls.us [1] pour générer un profil pour un appareil. Est-ce que cette méthode est viable ? Si on n’utilise pas la courbe de base (ce qui est le cas si on veut travailler avec Filmic), est-ce que cette méthode s’applique quand même ? Si non, y a-t-il moyen d’aider à fournir une sorte de profil par défaut par appareil qui fonctionnerait avec Filmic ? Je shoote en RAW+JPEG. Parfois, le JPEG est bon et je peux l’utiliser directement. Parfois, il y a quelques légers détails que j’aimerais corriger, mais si je passe par le RAW, je perds tout le traitement appliqué par le boîtier, donc je finis parfois par faire une retouche du JPEG, ce qui est totalement absurde, il faut bien le reconnaître…

    Merci encore et bonne continuation !

    [1] https://pixls.us/articles/profiling-a-camera-with-darktable-chart/

    1. Bonjour Pierre,
      Le pied de nez à Lightroom est celui que tu vois. Les termes utilisées dans darktable font référence aux termes utilisés en photo argentique, aucun lien ni pied de nez à Lightroom. Maintenant, dans les 2 cas, les termes font référence à la photo… Étrange pour des logiciels photos ! Bref, aucun pied de nez ou lien, après chacun voit ce qu’il veut (ou ce qui l’arrange).
      Et pourquoi pas demander à Adobe de renommer Lightroom (pour éviter toute référence à darktable). Bon là ok, je suis dans le pied de nez (et l’humour).

      Pour le traitement, si tu trouve le JPG de ton boîtier très bon, pourquoi chercher à avoir le même rendu via un logiciel ? Autant utiliser le JPG directement. Traiter un RAW, via darktable ou un autre logiciel, c’est chercher à aller plus loin ou avoir un rendu personnalisé, à sa manière, et non à la manière du fabricant de ton boîtier. Bref, si c’est pour juste avoir le rendu JPG, autant aller au plus efficace et au plus rapide : le JPG du boîtier.

      Sinon, Aurélien a publié ça il y a tout juste quelques heures : https://discuss.pixls.us/t/darktable-3-0-for-dummies-in-3-modules/15849/2

      1. Merci pour ton commentaire !

        Adobe Lightroom est lui-même un jeu de mots sur deux termes de photographie : “light table” (« table lumineuse ») et “dark room” (« chambre noire »).

        Les développeurs de darktable font donc un pied de nez au produit d’adobe en prenant le contre-pied du nom de lightroom. La première fois que j’ai vu ça, ça m’a fait sourire, mais je n’ai pas pu m’empêcher de me dire « ah bah du coup ça doit être un logiciel libre qui fait la même chose que Lightroom ». Je ne pense pas être le seul dans ce cas, et les sites anglophones qui sont plus axés photo que logiciel libre vont forcément faire le rapprochement à cause du nom.

        J’espère que mon message est plus clair.

        Merci énormément pour le lien ! Je suis les discussions de Pixls.us de loin et j’avais manqué ça.

    2. Tu peux émuler un rendu JPEG en utilisant darktable-chart et la matrice de couleur, mais il y a des conditions à remplir pour que ça marche bien. Ceci étant, ça n’est pas compatible avec l’utilisateur de filmique.

      Les réglages par défauts de filmique fonctionnent bien la plupart du temps, avec juste une correction mineure. Le problème, c’est que certains constructeurs (Fuji) appliquent une sous-exposition par défaut (pour protéger les hautes lumières), et ça filmique ne peut pas le deviner, donc il va falloir ajuster manuellement en conséquence.

      Ceci étant, pour un appareil photo donné, les réglages de filmiques vont être sensiblement les mêmes d’une photo à l’autre (avec peut -être une variation pour les scènes de nuit/contre-jour, et une pour les scènes de jour normalement éclairées). Donc une fois que tu as trouvé un compromis pas trop mal, tu te fais un preset par défaut, et c’est réglé. C’est comme ça que je travaille.

      1. Merci beaucoup pour la réponse ! Je n’ai pas encore eu le temps d’essayer la dernière version de darktable, mais je ferai des tests en utilisant le module Filmic et j’essaierai de faire un preset comme tu suggères.

  8. Bonjour,
    La vision adoptée pour le développement de DT est la bonne (dans l’esprit du logiciel libre qui est avant tout de proposer des innovations, pas simplement de copier) même si je le conçois et que je le vis, il est très difficile d’adapter/migrer ses savoirs par manque de temps pour se former. Ignorez les grincheux, DT est fait pour celles et ceux qui veulent aller de l’avant, qui sont curieux et qui savent que la liberté a un prix : le temps ! Partant de là inutile de dénigrer les uns ou les autres, DT c’est qui m’aiment me suivent 🙂
    Pou ma part, j’en suis toujours à compulser la doc et les vidéos. Merci à toutes les personnes impliquées.
    Frédéric

  9. Super ton article.
    J’ai découvert Darktable l’an dernier avec l’acquisition d’un nouvel appareil photo qui lui me donnait des Raw…du coup j’ai voulu savoir comment cela fonctionne et darktable (le logiciel et le site) m’ont comblé. Je te remercie pour cela…
    Contrairement à ce que tu dis dans ton article, j’arrive à produire des JPEG meilleurs que ceux de mon boitier et c’était l’objectif que je me suis donné en utilisant Darktable. Si telle n’avait pas été le cas, j’aurais cesser d’utiliser ce fabuleux Logiciel.
    Merci encore. (je pense à soutenir ton travail !)

  10. Je suis d’accord a philippe Deletrée quand au fait qu’il faut rendre darktable plus accessible: c’est une nécessitée parce que faire des articles qui parle de math et autre chose pour expliquer des concepts c’est bien (et encore: ça dépend pour qui: ce n’est pas parce que tu expliques la théorie que tu seras mieux utilisé le logiciel par la suite) mais il y a mieux à faire à commencer par simplifier DT et à améliorer certaines choses (comme la gestion des hautes lumières), sinon ce logiciel va s’adresser à des personnes très, voir trop techniques: pour les autres DT va être associé au monde Linux et à son ergonomie et sa logique qui va avec.
    je sais que Aurèlien, tu n’ai pas d’accord avec ce que je dis, mais bon on ne peut pas être d’accord sur tout.
    Je trouve aussi que tu as une attitude une peu condescendante avec cette personne, après si tu te met pas au niveau des autres je pense que tu vas droit dans le mur.

    1. Ce qui va droit dans le mur, c’est de traiter darktable comme juste une interface graphique.

      Sous l’interface graphique, il y a des algorithmes. Ces algorithmes, ils ont des paramètres. Et ces paramètres, il faut les contrôler. Donc les montrer à l’utilisateur, et lui expliquer à quoi ils correspondent dans la vie réelle. D’où un peu de maths et un peu de physique. Dans mes articles, les maths s’arrêtent à un niveau brevet des collèges, donc on va arrêter de faire une fixation là dessus.

      Il faut simplifier darktable. Je suis d’accord. Maintenant, on fait ça comment, sans dégrader la qualité d’image ? Alléger l’interface, ça veut dire cacher des paramètres, donc retirer le contrôle à l’utilisateur. Quels paramètres on cache ? En se basant sur quelles hypothèses ? (sachant qu’on doit prendre en compte des appareils photo très différents, sans connaître en détail leur fonctionnement).

      Quand un utilisateur veut du noir, et un autre veut du blanc, si tu leur donnes du gris, aucun des deux n’est content. Ça s’appelle un compromis : tout le monde perd. Si tu essaies de comprendre pourquoi l’un veut du noir et l’autre du blanc, tu peux peut-être trouver la solution à leur problème en amont (ex : les deux veulent un contraste maximal, noir ou blanc c’est juste la solution qu’ils pensaient la meilleure – mais c’est pas eux les ingénieurs, donc ils ne savent pas qu’il y a plein d’autres solutions possibles), et dépasser ce qui a l’air d’être le problème aval (la couleur finale).

      Pour l’instant, j’ai pas compris votre problème amont. Toutes vos « solutions » impliquent de dégrader la fonctionnalité pour simplifier l’interface. Et mon sentiment, c’est que l’interface vous semblerait considérablement plus simple si vous vous donniez la peine de comprendre ce qui se passe dessous. Changer les noms techniques pour d’autres noms ne va strictement pas changer le problème, qui est que vous ne comprenez pas ce que ça fait en vrai, et que le nom vous fait peur.

      Toutes vos « solutions » impliquent de dégrader la fonctionnalité pour simplifier l’interface, et je suis pas sûr que vous soyez prêt à assumer les conséquences visuelles des problèmes que ça va créer.

      Après la seconde Guerre mondiale, il y avait une île du Pacifique que les américains ravitaillaient par hélicoptère parce qu’elle avait été détruite et coupée du reste du monde. Les insulaires ont compris qu’il suffisait d’avoir un hélicoptère pour avoir à manger. Ils se sont donc mis à construire un hélicoptère en bois, au lieu de défricher la forêt et de labourer le sol. Et ils ont découvert que ça marchait pas comme ça. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Culte_du_cargo)

      C’est exactement l’erreur que vous être en train de commettre : vous attarder sur l’interface, parce que c’est la seule partie que vous voyez, sans résoudre le problème initial, qui ne s’affiche pas sur votre écran.

      D’autant plus que la simplicité apparente de l’interface n’a rien à voir avec la simplicité réelle pour obtenir un bon résultat. Malgré des contrôles plus compliqués, c’est en réalité beaucoup plus simple d’obtenir un bon résultat dans darktable 3.0.

      1. À mon humble avis ce n’est pas l’interface qui pose problème mais peut être seulement la profusion et le maintien d’outils dans l’interface qui finalement ne sont pas optimaux dans le rendu ou dans le maintien de la qualité originale de la photo… Dans le très bon avant dernier article d’Aurélien sur Lab & RGB, il est donné des conseils d’utilisation visant à éviter l’usage de tel ou tel module….peut-être faut-il davantage flêcher un pack de modules ‘à jour’ des avancées mathématiques et reléguer d’avantage les modules plus obsolètes…

        1. Tu as la possibilité de te créer un pré-réglage de modules qui n’activera pas ces modules gardés pour la compatibilité ascendante (ce qui permet de faire des comparaisons avec des traitements antérieurs).

          1. Oui tout à fait d’accord avec toi, c’est d’ailleurs ce que j’ai fait et c’est ce qui me fait dire que l’interface de darktable est très bien faite si on prend le temps de se créer son propre environnement.
            Ce qui peut être perturbant c’est la multiplicité des modules (cf ce qui est dit plus haut)…et pour ma part je m’en débrouille très bien.

    2. C’est souvent plu facile de demander aux autres derendre plus accessible, mais toi tu fais quoi pour simplifier darktable, plusieurs possibilités existent comme faire des pré-réglages de modules qui n’activent les modules que tu n’utilisent pas ; de mettre tes modules préférés en favoris ; de faire des pré-réglages par défaut par modules qui s’exécutent à l’ouverture d’un fichier ; etc.
      Ha oui, ça demande un peu d’investissement de ta part, c’est sûr que c’est plus facile de le demander aux autres. Luc Viatour a fait un tuto pour : https://darktable.fr/2020/01/reglage-par-defaut-de-darktable-et-style/
      Prends toi par la main et dartable t’aidera pour obtenir un bonne photo si tu as déjà bien préparés dans le viseur de ton APN.

  11. J’aime bien ce recadrage (terme utilisé en photographie pour désigner l’action consistant (généralement) à préciser l’encadrement du sujet 🙂 )

  12. D’abord, je voudrais préciser que je découvre D T , et la passion qui animent les développeurs et utilisateurs de ce logiciel, passion et bénévolat que j’apprécie.
    Je me suis essayé à D T suite à la lecture d’un article très intéressant sur la gestion de la couleur et la calibration des écrans de Aurélien, ça m’a donné l’envie de voir s’il y avait une façon différente de post traiter ses photos que celle proposée par les ADOBE C1 et Cie.
    Mais là je suis déçu, parton jugement excessif sur Lightroom et sur la photo “populaire”; pourquoi mettre en compétition le logiciels de post traitement entre eux ?
    Critiquer les utilisateurs de Lightroom comme tu le fais Aurélien n’est pas très utile à ton discourt, je sais utiliser Light Room et ne partage pas ton avis, d’abord, parler de Lightroom tout seul, c’est une preuve que tu ne l’utilise pas et donc ne le maitrise pas; ceux qui utilisent lightroom savent que si tu as Lightroom tu as aussi Photoshop qui est indissociable de Lightroom, et il faut reconnaitre que ce que propose DT est loin des possibilités du duo LR + Photoshop.
    Si 80% des photographes utilisent les logiciels Adobe, ce n’est pas parce que ce sont des moutons aveugles qui se contentent de logiciels de merde comme tu le prétend .
    Mais je m’égare, ce que je voulais dire c’est que l’important dans la photo c’est la prise de vue, c’est le photographe qui fait la photo, pas le matériel, que la photo soit facile à réaliser ou pas je m’en fout, l’appareil et l’informatique ne sont que des outils, chacun utilise celui qu’il préfère, c’est le photographe qui est un artiste ou pas.
    Mon avis est que dire : “La photo est un art et un artisanat” , est un débat sans fin et inutile, destiné à occuper les longues soirées d’hivers des clubs photo; comme le disait Jean loup Sief, il y a simplement des artistes qui utilisent la photo comme média pour s’exprimer.
    A mon sens, la technique c’est pas du tout le plus important, et donc peu importe que la photo soit facile à faire ou pas. Ce qui compte c’est le photographe, je juge une photo au résultat et me fout de savoir avec quel appareil ou quel logiciel elle a été faite.

    1. Daniel_C tu n’a jamais abordé le libre et donc tu parles toi aussi sans connaître.
      Le duo LR et Photoshop existe aussi sur le libre avec darktable (toujours en minuscule) et Gimp.
      Le but des logiciels de développement est d’arriver à la photo que le photographe souhaite au final.
      Et si 80% des photographes utilisent les logiciels d’Adobe c’est qu’il ne connaissent que la publicité qui est faite à ce sujet et qu’ils aiment dépenser sans compter. Heureusement de des photographes professionnels se tournent vers le libre pour arriver au résultat escompté qu’ils souhaitent en s’affranchissant de logiciels propriétaires.

      1. Je connais darktable et Gimp, depuis quelques années, même s’il est vrai que je ne les utilise pas au quotidien , je les ai testé et je m’intéresse à leurs possibilités. Et rassure toi, je pense que D T est une alternative crédible., peut être un jours seront ils supérieurs, ce n’est pas le cas actuellement à mon avis, qui n’est que mon avis.
        ;- ))
        Mais je maintien que si si les photographes que je connais préfèrent utiliser majoritairement les logiciels payants, c’est qu’il y a une bonne raison, qui n’est pas l’amour de la dépense inutile.

        1. Pour compléter mes réponses sur un point que tu mets en avant : je pense vraiment de ce que je lis/constate qu’il n’y a pas de question d’infériorité/supériorité entre Lightroom et darktable, et il y a certains traitements (les masques) où darktable est supérieur à Lightroom. Les masques existent depuis plusieurs années dans darktable alors qu’en 2018, je sais que Lightroom n’avait pas cette fonction (je ne sais pas ce qu’il en est depuis). En fait, ces 2 logiciels sont souvent comparés alors qu’au fond ils n’ont pas tout à fait la même approche et probablement que la courbe d’apprentissage n’est pas la même. Et là, ça peut être une raison de choix (et non pas forcément une question d’inférieur ou pas). Je suis persuadé que darktable n’a pas à rougir de la comparaison mais n’a pas les mêmes qualités et défauts.
          Enfin, sur le choix d’un logiciel, il y a aussi le choix social (comportement étudié en sociologie) de ce qu’utilisent les autres. Et là Lightroom a des années d’avance, tant il est utilisé, souvent sans même que ceux qui s’y mettent ait regardé la concurrence, juste parce que la plupart des photographes utilisent Lightroom. La réalité n’est pas aussi simple que de dire que Lightroom est utilisé par le plus grand nombre parce qu’il le vaut. Il le vaut peut-être mais l’aspect sociologique (et marketing) a son effet. C’est valable pour plein de choses dans la vie, pas que sur la photo (rien que là ça s’applique aussi sur le choix d’un appareil photo, etc…) mais aussi sur plein d’aspects de la vie. Le mimétisme est un effet connu sociologiquement.

        2. Faut pas sous-estimer l’amour de ses habitudes dans le choix du logiciel. « Je comprends pas ce que je fais mais je maîtrise l’interface » est une vraie raison pour préférer tel ou tel logiciel. Je rappelle qu’il y a 6-7 ans, j’ai appris à utiliser darktable en regardant des tutos Lightroom. Ça demande une certaine souplesse d’esprit. C’était longtemps avant de devenir développeur : à l’époque j’aurais été bien incapable de lire le code source en C.

    2. Tu débarque ici en émettant des critiques, qui pourraient être intéressantes… si elles n’avaient pas le même travers que ce que tu critiques. L’article que tu cites et qui t’a amené à darktable, est très récent. Donc tu n’as visiblement pas plus utiliser darktable que ce que tu prétends d’Aurélien sur Lightroom.

      Vraiment bravo pour ta réaction aussi pertinente que du coup inutile. Dommage ! Une vraie critique oui doit se faire en vraie connaissance de cause, donc après une utilisation assidue et maîtrise poussée de darktable. Pour ma part, je n’ai que très peu utilisé Lightroom donc je ne me permettrai aucune remarque dessus, sinon que je n’ai pas aimé sa logique et qu’il n’est pas sous Linux (donc critique très personnelle et en aucun cas sur sa qualité, il ne convient juste à mes envies/besoins).

      Tu indiques que darktable est loin du duo LR+PS, mais il n’en a jamais eu la vocation. Si on devait comparer ce qui est comparable, on compare darktable à Lightroom ou pour le duo en associant à darktable un logiciel comme Gimp ou Krita (2 logiciels qui se rapprochent de Photoshop). Si tu compare une berline lamba à une Ferrari, forcément la conclusion ne sera pas la même…
      Et darktable comparé à Lightroom, j’ai lu plusieurs témoignages prétendant que darktable rivalisait sans problème (je n’en juge pas comme dit plus haut). Par ailleurs, il me semble que la gestion des masques que darktable maîtrise très bien n’existe pas sous Lightroom ? Tu me diras qu’elle est sous Photoshop mais là je te dirais (pour les avoir utilisé) que ça existe aussi sous Krita ou Gimp.

      1. Nilvus, j’ai répondu principalement à tes observations dans ma réponse à centaure ci dessus.
        ce que je critique c’est le peu de considérations d’aurélien pour ceux qui sont abonnés chez Adobe.
        Je m’intéresse aux alternatives de Lightroom et photoshop depuis plusieurs années, je ne découvre pas darktable depuis quelques semaines seulement, disons que je m’y intéresse de plus prés depuis le version 2.6 et encore plus depuis ce fameux article et la version 3 qui me semble encore plus aboutie.
        Ceci dit, je me considère comme débutant dans la pratique de darktable, ce qui ne m’empêche pas de voir ce qu’il peut proposer (merci au passage pour les vidéos). de même pour Gimp que mon fils utilise.
        Ta comparaison avec les automobiles me parait juste, pour moi si darktable était une voiture ce serait une Dacia, et Lightroom une Mercedes; une Dacia ça roule bien, c’est moins cher, elle vous amène à bon port, mais il n’y a pas le même confort de conduite qu’une Mercedes, chacun ses gouts.
        Peut être que je me trompe, mais pour le moment, je n’ai jamais vu quelqu’un obtenir de meilleurs résultats (à temps égal) avec darktable et gimp qu’avec le couple lightroom + Photoshop.
        En fait, je pense qu’il n’y a pas de hiérarchie “certifiée” entre les logiciels de traitement photo, à chacun son outil préféré, c’est comme comparer les marques d’appareils, chaque logiciel a ses avantages et ses défauts, c’est le résultat qui compte, voilà ce que je voulais dire.

        1. Ok, ça s’entend que tu ne sois pas d’accord avec certaines positions et ton premier message laissait supposer que tu découvrais le truc.
          Il n’empêche qu’à mon avis, tu mésestime fortement le potentiel de darktable comme de Gimp. Des professionnels les utilisent avec autant de réussite et de succès que ceux qui utilisent les logiciels propriétaires d’Adobe. Et ta comparaison automobile ici en tout cas montre que tu n’as pas saisi le réel potentiel de darktable. darktable, pour moi c’est comme le tableau de bord d’un avion : un truc qui au premier regard paraît bien complexe mais qui te laisse le maximum de contrôle. Donc oui, c’est un peu plus long à appréhender (ça élimine donc un peu de public certes) qu’un logiciel ou une partie du traitement et des contrôles est gérée en arrière dans le logiciel (attention, je ne dis pas que les solutions Adobe ne donnent pas de contrôle, ce n’est juste pas au même niveau). En qualité de traitement, il est aujourd’hui possible de faire au moins aussi bien que le duo d’Adobe, j’en suis convaincu et des professionnels (voir les résultats de Luc Viatour par exemple sur ces vidéos, son site ; un pro qui fait de magnifiques images en très peu de temps avec darktable).
          Et en plus, darktable 3.0 amène le traitement à un niveau encore supérieur. Encore une fois, j’ai déjà lu quelques témoignages de sites ou photographe pour certains plutôt pro Adobe admettre que darktable 3.0 rivalisait avec Lightroom.
          Enfin, n’oublie pas non plus qu’un logiciel libre n’aura jamais la force de frappe marketing d’une boîte comme Adobe. Et clairement le marketing aujourd’hui a une influence énorme sur la perception des utilisateurs de ce qui est mieux ou ne l’est pas, indépendamment de la réalité.
          Bref, darktable est loin d’être une Dacia et est au moins au niveau de la Mercedes si je reprends ta métaphore. Maintenant, il reste en effet les goûts individuels.
          Le temps de traitement sur darktable 2 était probablement un peu plus long pour le même résultat (encore une fois, ayant trop peu utilisé Lightroom, je n’ai pas d’éléments de comparaison). Ce que je constate est que je vais beaucoup plus vite (très vite maintenant) pour un bien meilleur résultat avec darktable 3.0. Et le nouveau workflow RVB orienté scène en est la raison.

      2. Cher Nilvius,
        J’utilise darktable depuis plusieurs années maintenant. J’en suis très heureux. Je suis content d’avoir fait, et de continuer à faire, les efforts nécessaires pour maitriser le logiciel. Je me sens en phase avec 80 % de l’article d’Aurélien ci-dessus. Pourtant, comme Daniel C, je trouve inutile et erronée la caricature des utilisateurs de Lr et, plus largement des utilisateurs de logiciels payant qu’il fait. Je me contenterai d’argumenter sur un point : les utilisateurs de logiciels payant seraient, en majorité, désireux de solutions “presse bouton” à base de recettes faciles et d’IA permettant de traiter ses photos en 2-3 clics. Je pense que ce n’est tout simplement pas vrai. Je maitrise correctement 3 logiciels darktable, Lr (que j’ai cessé d’utiliser) et Capture One (diverses raisons pour cela mais ce n’est pas le sujet). J’ai dans chacun d’eux 2 types de workflow : un rapide pour les photos tout venant (correction d’exposition, de couleur, peu de corrections locales) et un plus approfondi pour les photos qui en valent la peine. Pour l’un comme pour l’autre, le nombre de modules (ou équivalent) et de curseurs que j’active et le temps que je passe sur les photos est à peu près similaire. Celui qui utilise Lr ou Capture One en croyant qu’il va faire des miracles en 2 clics, il se trompe et si c’est ce qu’il attend il va bien vite abandonner. La différence entre dt et les 2 autres tient selon moi à une plus grande difficulté d’apprentissage initial avec dt. C’est du à un certain nombre de choix, que je ne critique pas, tel que l’usage des noms scientifiques ou le maintien des modules obsolètes. Je sais que c’est contournable mais ça perturbe au départ. C’est là que des initiatives comme celle de P Deletrée et ses tutos pour les grands débutants visant à faciliter leur accès au logiciel trouvent leur place. Je trouve d’ailleurs que beaucoup de questions sur le forum sont mal interprétées : on les comprend comme des demandes de recettes faciles alors que souvent, le vrai besoin derrière est, selon moi, celui d’une aide à la découverte du logiciel pour le débutant.

        Juste mon avis en toute modestie et avec le plus grand respect pour tous ceux qui contribuent à faire de darktable ce qu’il est.

        Georges

        1. Merci Georges d’avoir exprimé avec beaucoup de sagesse un avis que je partage tout à fait.

          Et pardon à ceux dont j’ai pu heurter la susceptibilité, mais la passion parfois m’emporte.

          1. @DANIEL_C
            Tout est pardonné, moi aussi je m’emporte assez vite
            @Georges
            Merci pour ton article qui résume bien la pensée de DANIEL_C et d’aures.

        2. Cher Georges,
          Je n’ai réagi qu’à l’approche du message de Daniel qui laissait penser avoir découvert darktable récemment (cf. l’article évoqué, daté de décembre) et donc avait le même travers que ce qui était critiqué.
          Comme je l’ai indiqué, je ne défends pas la position d’Aurélien sur Lightroom ici puisque je connais trop peu Lightroom pour en avoir un avis suffisamment solide. Ici je défends simplement le fond du message des qualités de darktable et des fortes améliorations de la version 3 qui rend darktable plus abordable quand même pour un résultat meilleur et plus rapide. Bien qu’il y a sûrement des améliorations possibles.

          Comme tout, darktable a ses qualités comme ses défauts, mais il reste important d’être juste sur celles-ci. Penser que darktable est inférieur, ou même l’inverse est à mon avis de l’ordre de la guerre de clochers et des goûts/passions de chacun. Ca reste donc avant tout une histoire de goût mais ne veut pas dire que l’un ou l’autre est moins bien. D’autant que ça dépend surtout de ce qu’on attend. De ce que je sais de Lightroom (et je peux faire erreur, mais j’y ai passé quand même un peu de temps en 2018 pour au moins voir les grandes lignes de ces options), il a certains aspects pour le traitement d’image probablement plus intuitif mais a des contrôles moins poussés sur un certain nombre d’éléments. darktable a le défaut de ses qualités : la profusion des contrôles justement. Il laisse plus de place au contrôle utilisateur mais demande donc un temps d’apprentissage au départ un peu plus long, ne serait-ce que déjà pour cibler les modules à utiliser et ceux à écarter. Avec la version 3.0, un pas a été fait dans le bon sens à ce niveau. Et j’espère que la 3.2 fournira (voire en partie les versions mineures intermédiaires) une concrétisation de cette direction, notamment avec certains modules qui devraient aujourd’hui devenir obsolètes (comme filmique par rapport à filmique RVB), ce qui permet à la fois de conserver la compatibilité avec les traitements faits auparavant et de réduire la liste des modules disponibles pour amener les utilisateurs aux modules les plus modernes, les plus performants.
          J’espère que ça éclaircira aussi le fond de ma réaction.

          1. Bonjour Pierre, moi je pense que tu as raison. Quand on est interrogé et passionné on prend le temps de choisir et d apprendre son outil. Il y a des regles a connaître tout comme les autres apprennent le fontionnement d un logiciel ou machine. Je denonce egalement cette société de surconsommation ou tout est monopolisé, on ne va pas revenir au standardisme quand meme.. c est comme la musique, on balance toute les heures a la radio des chansons de merde et apres des milliers de personne vont les voir en concert. D ailleurs je me rappel d un article que tu avais fait sur les climatiseurs que tout le monde achète alors qu un déshumidificateur serait 10 fois mieux. Moins rentable surement.. donc que les gens soit des moutons et qu ils brelent entre eux c est leur choix mais il y aura tjs ceux qui ne veulent pas rentrer dans le moule alors aidons ceux la aussi.

  13. Je me sens un peu retourné quelques années en arrière au temps des trolls entre l’ignorance et l’acharnement des fervents de windows et l’écœurement des tenants de Linux qui n’avaient pas besoin de ça. Ça n’a pas empêché Linux de s’imposer sur les serveurs et windows de bientôt disparaître avec les postes de travail classiques : plus de trolls. Les chiens aboient et la caravane passe.
    Ceci semble récurrent, il fallait que l’alternative à Windows existe suffisamment pour que les trolls s’imposent, c’est maintenant le cas avec darktable d’autant plus que l’existence du logiciel libre est de plus en plus connue (je ne dis pas la compréhension, pour bien du monde libre c’est encore simplement gratuit).
    Ça me rappelle aussi que je ne suis arrivé à convaincre que quelques étudiants que pour écrire un mémoire ou une thèse avec LyX et LaTeX c’était bien mieux qu’avec word, ceux qui l’ont fait m’ont tous remercié de leur avoir fait gagner beaucoup de temps, mais la pression de l’environnement et leur souvenir des difficultés de se débrouiller avec word étaient tels que presque tous reculaient devant le travail d’initiation à refaire et le risque de ne plus pouvoir être supporté, car ils n’étaient pas autonomes avec leur poste de travail officiel (j’avais rédigé une note d’une trentaine de page pour guider ces étudiants, ceux qui l’ont utilisée m’ont dit que cela les avait aidé à ne pas abandonner). On peut faire là un parallèle avec lr et dt.
    Je comprends la frustration d’Aurélien, je l’ai vécue et la vit encore entre les logiciels propriétaires et les logiciels libres, mais je connais aussi les difficultés qu’il y a à aborder un logiciel, je l’expérimente avec dt, on manque d’explications facilement abordable pour un débutant. Donner un nom vague à un concept précis n’arrangera pas les choses, ce qui m’a manqué c’est de trouver facilement des explications : on ne va pas tout de suite à aller sur les forums ou les blogs car il faut pas mal fouiller être patient et la courbe d’apprentissage est pentue.
    Je milite pour qu’une organisation de la documentation pour découvrir dt soit entreprise non par les développeurs mais par des utilisateurs qui découvrent le logiciel et rendent compte de leur expérience. Et tant qu’à faire faisons la pour la v3 .

    1. Bonjour Daniel

      Une page facebook crée par Eric Baisson qui réponds en part à ta demande :

      https://www.facebook.com/groups/utiliser.darktable/

      La raison d’être de cette page est :
      Le groupe Utiliser Darktable permet de publier une question quand on rencontre un soucis particulier avec le logiciel. Il propose aussi de partager des informations et de découvrir des astuces sur le logiciel libre.

      Après Philippe Deletrée et Luc Viatour se sont attelés à nous présenter des vidéos facile d’accès sur des modules de la 3.0 et c’est très bien.
      Pour moi les explications techniques d’ Aurélien m’ont appris beaucoup de choses sur le traitement de l’image et les vidéos de Philippe et Luc viennent parfaitement compléter ces explications.

      1. La page Facebook est totalement redondante avec le forum ici, ou les salons Framateam de darktable.fr. J’assure une permanence les samedi sur Framateam pour répondre directement aux utilisateurs.

        1. Bonjour Aurélien

          Pour une fois je ne suis pas d’accord avec toi.
          La page facebook n’est pas redondante et complète parfaitement le site.
          Elle permet à chacun de poser une question sur n’importe quel sujet concernant DT.
          Sur le forum on hésite à poser une question car souvent on nous renvoit (pas toujours de façon aimable) à parcourir le manuel ou visionner les tutoriels.
          La page facebook est différente on pose une question et on a (ou pas) une réponse.
          Ex : Comment chargé la version 3.0 ? Réponse : On donne le lien de Nicolas pour le téléchargement
          Le forum pour moi n’a pas la même vocation, il doit répondre à des demandes un peu plus pointu et ne pas être pollué par des questions simplistes.
          Voila , je pense que l’esprit n’est pas le même et que les deux se complète . Je pense que Luc Viatour a mis en place ses vidéos en voyant que sur facebook des utilisateurs Lamda avait un peu de mal.
          A part ça, merci à toi Aurélien pour ton investissement dans DT , continu ces améliorations qui nous permettent chaque année d’avoir un logiciel de plus en plus performant.

          1. On a un chat sur Framateam pour le même genre de question, moins la surveillance de Big Brother. Tout le monde n’est pas sur FB, souvent pour des raisons éthiques liées à la vie privée.

          2. Je suis comme Aurélien, je n’irai pas sur facebook pour les mêmes que lui, mais je suis d’accord avec le fait que le forum, et encore plus framateam, est difficile d’accès au nouveau venu qui découvre dt, car je constate que les discussions s’y font entre initiés et c’est très bien comme ça, car c’est là que l’avenir de dt s’y concocte et merci à eux.

            Alors pourquoi ne pas ouvrir une section du forum pour les débutants et à demander aux administrateurs de la page facebook de la prendre en charge, ça ne fera qu’enrichir la communauté et aider les nouveaux venus attirés par la gratuité que le logiciel libre c’est plus que ça.

      2. Bonjour Patrice
        Malheureusement j’ai débarqué de Facebook depuis des années et en tant que vieux militant du logiciel libre et conscient des dégâts de l”économie de surveillance” (lisez par exemple https://framablog.org/) je ne m’y inscrirai pas, c’est un choix politique et social que j’assume.

        Je suis très régulièrement le blog et j’ai vu et revu la totalité des tutoriels et je dois dire que certains sont très bien faits (encore que pour moi expliquer à partir de Gimp que je ne connais pas et n’envisage pas d’utiliser soit plus gênant qu’autre chose). Mais pour un grand débutant par lequel commencer ?

        Et un grand débutant part de zéro, prenez par exemple pour le sujet de l’importation les 2 tutoriels de Philippe Déletrée (Préparer darktable 3.0 pour les grands débutants et Organiser les dossiers de sa photothèque) . Puis mettez vous dans la peau du grand débutant et essayez de refaire ce qu’il fait, vous verrez c’est confus si l’on ne sait rien au sujet de la BD interne (le répertoire) et si l’on n’a pas compris ce qu’est une pellicule par rapport au dossier et que le paramétrage qu’il montre ne sert que pour l’importation d’un appareil, dans le cas d’un dossier il ne sert à rien, il faut le faire avant.

        J’ai entrepris de faire un guide d’intro pour ma propre compréhension à partir de mon expérience pour mon entourage. Pour la table lumineuse ça va (je n’ai plus de questions cruciales sans réponse satisfaisante) d’ici quelques semaines ce sera fait. Pour la chambre noire depuis l’article d’Aurélien ça va beaucoup mieux mais il y a encore des zones très grises qui me font poser des questions de fond (pour la manip ça va quand on sait ce qu’on veut faire, il suffit de pointer sur les tutoriels et l’aide qui donne un bon accès au manuel, qui en tant qu’outil de référence est très bien fait). Mes notes sont encore trop confuses pour que je passe à la rédaction.

        Mon travail est visible en lecture ici (en CC by 0) https://pascot.ca/labo/ ça tourne à la maison sur un raspberry pi installé via yunohost.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.